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  • g74 22/8 p. 13-16
  • Victimes d’un pirate de l’air

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  • Victimes d’un pirate de l’air
  • Réveillez-vous ! 1974
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Réveillez-vous ! 1974
g74 22/8 p. 13-16

Victimes d’un pirate de l’air

“CET homme a un fusil !” Ces mots nous donnèrent le frisson. Comme je tournais la tête vers mon ami assis non loin de moi, je remarquai l’expression grave de son visage tandis qu’il assurait à sa femme : “Je ne plaisante pas, cet homme a un fusil !”

Je regardais vers l’avant de l’avion et je vis un jeune homme vêtu d’une veste de cuir brun, qui brandissait un fusil. “C’est impossible, pensais-​je, on nous a fouillés avant de monter dans l’avion à Pasto (Colombie). Comment a-​t-​il fait pour introduire un fusil dans l’avion sans se faire prendre ?”

Mais la question n’était pas là ; cet homme était armé. Maintenant nous le voyions tous ; nous n’en croyions pas nos yeux et notre cœur battait à tout rompre.

Sur les quarante-six passagers, douze étaient des témoins de Jéhovah en route pour Bogotá (Colombie) afin d’assister à l’assemblée internationale “La victoire divine”, du 23 au 27 janvier. Qu’allait-​il se passer ? Ma femme et moi, nous avons prié Jéhovah pour qu’il nous fortifie en vue des épreuves à venir.

Tout d’abord, nous avons pensé que l’homme au fusil allait nous dévaliser, car il prenait quelque chose aux passagers des premières rangées. Son visage reflétait une grande excitation et la peur. Il nous ordonna de lui remettre nos papiers d’identité. Il tenait son fusil d’une main et l’autre tremblait tandis qu’il examinait les papiers. Sa nervosité nous gagnait et nous sentions une menace planer. Qui cherchait-​il ? Avait-​il l’intention de tuer quelqu’un ?

Comme nous l’observions, respirant à peine, le pirate s’arrêta, examina une série de papiers et prononça un nom — le mien ! Quel choc ! Je croyais rêver. J’attendis quelques secondes puis je levai la main comme à l’école et répondis : “C’est moi.”

La peur m’avait saisi. Mais je poussai un soupir de soulagement quand je l’entendis appeler d’autres noms, apparemment sans raison. Au moins il ne cherchait personne en particulier.

Les femmes et les enfants quittent l’avion

Nous avions décollé de Pasto, dans le sud-ouest de la Colombie, à 10 heures du matin. Quelques minutes seulement après le décollage, le pirate était apparu dans la carlingue avec son fusil, une petite arme du type semi-automatique. Il donna l’ordre à l’équipage de ne pas s’arrêter à Popayán et de se détourner sur Cali.

Comme nous approchions de Cali, le pirate intima l’ordre de tirer les rideaux devant les fenêtres, de nous asseoir, de mettre les mains sur la nuque et de ne pas regarder dehors au moment de l’atterrissage. À l’avant, des femmes et des enfants pleuraient. Toutes les conversations avaient cessé. Ceux qui espéraient en Dieu faisaient de muettes supplications.

L’atmosphère était tendue, car nous nous demandions ce que l’homme allait faire. Il ordonna aux femmes et aux enfants de descendre de l’avion. Dans notre groupe de douze, nous étions cinq couples mariés. Impatients de voir nos femmes hors de danger, nous les avons exhortées à se plier aux exigences du pirate. Toutefois, après avoir fait quelques pas vers la porte, une femme se retourna et se précipita vers son mari, à l’arrière. Elle voulait qu’il embrasse leur bébé de deux mois. Consterné, le mari l’exhorta de nouveau : “Va-​t’en donc, descends de l’avion !” Elle s’en alla, les yeux pleins de larmes.

Nos femmes en sécurité, nous nous sentions soulagés. Même le pirate semblait moins nerveux. Bien qu’il n’ait rien dit, nous étions sûrs que l’homme armé nous emmènerait à Cuba.

Tension à l’aéroport de Barranquilla

Réapprovisionné en carburant, le quadrimoteur quitta Cali pour Barranquilla. Le pirate nous permit de baisser les bras. Mes nerfs ayant été mis à rude épreuve pendant plus d’une heure, je demandais à aller aux toilettes, situées à l’avant. L’homme me dit d’avancer. Quand je fus près de lui, il me fit signe avec son fusil de poser les mains sur le filet à bagages, tout en lui tournant le dos. Il me fouilla puis me laissa aller.

En entrant dans les toilettes, je remarquais deux paquets ouverts sur le sol. Manifestement le pirate avait amené son fusil à bord en pièces détachées qu’il avait assemblées dans les toilettes, au cours des premières minutes du vol.

Nous sommes arrivés à Barranquilla, sur la côte nord de la Colombie, à 14 h 15. Pendant tout le vol, nous avions bavardé paisiblement, cherchant à nous réconforter les uns les autres. Nous avions prié en silence, pas tellement pour être délivrés de cette situation dangereuse, mais pour avoir la sagesse d’agir judicieusement. Peu après notre atterrissage à Barranquilla, des circonstances nouvelles nous donnèrent d’autres raisons de craindre.

Tandis que l’avion touchait la piste d’atterrissage, il se mit à vaciller — un des pneus était crevé. Le pirate regarda nerveusement par les fenêtres, allant et venant dans l’allée centrale. Il ne permit qu’à un nombre restreint d’hommes de réparer le pneu et il leur donna une heure pour le faire. Se servant de la radio de bord, il leur ordonna d’enlever leur chemise avant de s’approcher de l’avion. Sans doute voulait-​il les empêcher de cacher des armes sur eux.

Sur l’autre piste, non loin de l’avion, il y avait un gros camion. De la fumée s’en échappait ; il avait pris feu. Mon ami, assis près de moi, se demandait s’il valait mieux périr dans l’explosion du camion ou être tué par le pirate en quittant l’avion. Nous étions littéralement “entre deux feux”. L’incendie du camion fut finalement maîtrisé, mais nous avions vécu un moment angoissant.

Le pirate ouvrit la porte de l’appareil et à plusieurs reprises il mit en joue certains des hommes qui se trouvaient de l’autre côté du terrain d’aviation. Il tira sur l’un d’eux, pour nous convaincre qu’il se servirait de son fusil si c’était nécessaire et qu’il valait mieux ne pas opposer de résistance. Pendant qu’on réparait le pneu, il relâcha deux hommes âgés.

Le soleil tropical se faisait rudement sentir à l’intérieur de l’avion. Finalement les moteurs se remirent en marche, et l’avion s’apprêta à décoller. Mais il vacillait toujours — un autre pneu était crevé ! Nous pensions que quelqu’un avait tiré dans les pneus ou les avait dégonflés. Une double crevaison semblait improbable. Les policiers cherchaient peut-être à gagner du temps jusqu’à la tombée de la nuit. Au cours de la réparation, deux autres hommes âgés ont été relâchés. L’un était un témoin de Jéhovah qui voyageait en avion pour la première fois.

Le pirate nous surveillait étroitement et nous trouvions le temps long. Chacun craignait que l’homme ne perde patience et donne libre cours à sa colère. Nous lisions nos Bibles et les périodiques que nous avions emportés avec nous, ce qui contribuait à nous détendre un peu. Quand l’obscurité fut complète, le pirate nous interdit d’allumer les lumières. Nous attendions donc la suite des événements dans la chaleur et l’obscurité.

En route pour Cuba

Après dix-neuf heures, les moteurs ronflaient de nouveau. “Pourvu qu’il n’y ait plus de crevaison”, pensions-​nous. Nous venions de passer près de cinq heures sur cette piste, et l’action nous semblait préférable à cette attente angoissante. Nous étions impatients de décoller et d’atteindre Cuba.

Durant le long trajet jusqu’à Cuba, nous avons essayé de dormir ou de lire, mais la plupart du temps nous observions notre ravisseur. Mon siège était dans la ligne de tir de l’homme assis sur un accoudoir, à l’avant, et surveillant les passagers, le doigt sur la gâchette. J’essayais de lire, mais à chaque instant je levais les yeux et fixais le canon du fusil. Ce vol de quatre heures et demie ne fut vraiment pas agréable !

Arrivée à Cuba

Peu après minuit, nous atterrissions à La Havane. Autour de l’avion étaient rassemblés au moins vingt soldats, certains armés de mitraillettes. Le pirate de l’air sortit le premier. Un photographe parmi les soldats prit plusieurs photos de lui tandis qu’il descendait la passerelle. Il fut emmené dans une jeep militaire et nous ne l’avons plus revu.

Les policiers montèrent dans l’avion, puis ils nous firent descendre et nous conduisirent dans une salle. Là on nous servit des rafraîchissements et l’on nous vaccina contre la variole. On nous questionna ensuite, un à la fois, dans une autre pièce. L’hôtesse de l’air nous avait rendu nos papiers d’identité à notre descente d’avion. C’est ce dont les fonctionnaires se souciaient principalement. Ils s’intéressèrent également au fait que quatre d’entre nous étaient témoins de Jéhovah.

À 1 h 40 du matin on nous emmena dans un grand hôtel à trente minutes environ de l’aéroport et on nous donna des chambres propres et confortables au quatorzième étage. Tandis que nous attendions de recevoir les clés de nos chambres, un policier s’approcha de moi et me demanda depuis combien de temps je vivais en Colombie. Mon espagnol hésitant avait sans doute attiré son attention. Je lui répondis que de nous quatre, j’étais le dernier arrivé. Il nous conduisit alors à nos chambres, et à trois heures du matin nous étions au lit. Après dix-sept heures d’épreuve, ce lit nous semblait vraiment bon.

Je parle de Dieu à un fonctionnaire communiste

Le lendemain matin, après le déjeuner, nous étions douze passagers dans le hall de l’hôtel à attendre l’autobus qui devait nous emmener de nouveau à l’aéroport. Un homme grand, en vêtements civils, s’approcha de moi et me demanda de bien vouloir répondre à quelques questions. Il me fit entrer dans une pièce où nous nous sommes assis à une table, face à face ; il m’apprit qu’il était un fonctionnaire du service de l’Immigration. Il me demanda ce que je pensais du communisme et me questionna sur l’organisation des témoins de Jéhovah. Il me parla également des prochaines élections en Colombie.

“Savez-​vous quels sont les candidats ?”

“Non, dis-​je, je ne m’intéresse pas aux affaires politiques des nations. Partout sur la terre, les témoins de Jéhovah sont neutres sur le plan politique. Nous nous occupons principalement de prêcher la bonne nouvelle du Royaume de Dieu.”

Je vis une expression de scepticisme sur son visage tandis que je poursuivais : “Le Royaume de Dieu apportera la paix et la sécurité sur toute la terre.”

“Nous avons la paix et la sécurité ici, à Cuba, répondit-​il, et il ne nous a pas fallu parler de Dieu pour cela.”

“Je ne fais pas allusion au dieu trinitaire des Églises qui se disent chrétiennes, mais au Dieu dont le nom est Jéhovah, le vrai Dieu de la Bible. Il a promis d’établir des conditions de vie parfaites sur toute la terre, y compris Cuba. Aucun gouvernement humain ne peut faire cela, pas plus qu’il ne peut vous donner la vie éternelle dans le bonheur.”

Mon interlocuteur répliqua qu’il n’y a pas de Dieu et que l’homme vient de l’océan. Je l’engageai à considérer cette merveille de la création qu’est le corps humain et je lui demandai comment il pouvait nier l’existence du Créateur. J’ai encore pu lui expliquer que Dieu lui-​même va ôter de la terre tous les gouvernements établis par l’homme ; par conséquent, les gens qui n’examinent pas la Bible et ne prennent pas garde à ses avertissements sont en danger.

L’entrevue prit fin. J’ai rapidement rejoint mes amis dans le hall, heureux que l’autobus m’ait attendu. Il faisait beau à La Havane, et en allant à l’aéroport, nous avons eu l’occasion de voir une partie de cette grande ville.

Réunion

Vers 14 heures, nous nous sommes envolés pour retourner chez nous. À 18 heures, nous atterrissions à Barranquilla ; cette fois, il y avait un “passager” en moins, mais nous étions beaucoup plus heureux. La foule qui attendait l’avion nous réserva un accueil chaleureux. Grâce aux dispositions prises par la compagnie aérienne, nous avons pu passer la nuit dans un hôtel.

Le lendemain, durant le voyage jusqu’à Bogotá, chacun pensait avec joie qu’il retrouverait bientôt les siens. À l’arrivée, nous nous sommes tant bien que mal frayé un passage dans la foule des journalistes et des policiers, et enfin nous avons serré notre femme dans nos bras.

Plus de quarante-huit heures s’étaient écoulées depuis le début de notre voyage. Nous étions pleins de reconnaissance envers Jéhovah Dieu de ce que nous étions arrivés sains et saufs et à temps pour assister aux sessions du premier jour de l’assemblée.

Les journaux avaient beaucoup parlé de ce détournement d’avion. Cette publicité permit à un plus grand nombre de gens de savoir qu’une assemblée de témoins de Jéhovah se tenait à Bogotá. Cela explique certainement la belle assistance de 23 409 personnes au discours public du dernier jour. Ainsi notre aventure malheureuse a connu une fin heureuse.

— D’un de nos lecteurs.

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