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  • g79 8/9 p. 12-16
  • La vie sauve grâce à un nouveau traitement

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  • La vie sauve grâce à un nouveau traitement
  • Réveillez-vous ! 1979
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Réveillez-vous ! 1979
g79 8/9 p. 12-16

La vie sauve grâce à un nouveau traitement

EN QUITTANT la chambre de Gary pour quelques minutes, je rencontrai dans la salle d’attente deux frères dans la foi qui appartenaient à notre congrégation. Ils se levèrent, vinrent à ma rencontre, et après avoir échangé quelques mots avec moi, l’un d’entre eux me remit une photocopie de La Tour de Garde qu’il avait à la main. Il s’agissait de la rubrique “Regard sur l’actualité” parue dans La Tour de Garde anglaise du 1er septembre 1974 (édition française du 15 décembre 1974, p. 748).

Tout en parcourant l’article, je sentis renaître l’espoir dans mon cœur. Le rapport mentionnait une nouvelle technique utilisée pour secourir les patients qui avaient perdu beaucoup de sang. On les mettait sous “oxygène hyperbare”, c’est-à-dire dans un caisson hyperbare où l’oxygène est administré sous pression.

L’épreuve de force

Il devait être 11 h 30 quand le grand patron du service de chirurgie descendit dans le hall. Il nous convoqua à son bureau avec un avertissement menaçant: “Nous allons régler la question une fois pour toutes!”

L’exiguïté du bureau où nous étions réunis était accentuée par la présence de trois médecins, de mes deux amis et de moi-​même. Les médecins avaient les traits tirés, ce que j’attribuais aux longues heures passées à opérer ainsi qu’aux multiples problèmes auxquels ils devaient faire face. Ce n’était pas la position de Gary sur le sang qui allait soulager leur fardeau, et je le comprenais fort bien.

“J’ai parlé à mes confrères, dit le grand patron, et nous sommes mécontents. Ce n’est même pas mécontents qu’il faudrait dire, mais furieux! Voilà un homme jeune et que nous pouvons sauver. Mais, à cause des principes que vous observez et que vous lui faites respecter, nous avons pratiquement les mains liées.”

Il fixa rageusement plusieurs radios de la jambe de Gary aux pinces du négatoscope et nous montra sur l’écran les multiples fractures de la jambe touchée. On aurait dit les bords déchiquetés d’un crayon cassé en deux. Sur l’une des radios, on voyait nettement l’os embroché dans les chairs.

“Voilà où nous nous battons, poursuivit le chirurgien en indiquant rapidement du doigt sur les radios chacune des fractures. Ici, il faut mettre une broche, ainsi que là et également là. Dans chaque cas, l’intervention exige du sang.” Une formule revenait souvent dans son discours: “Vous me poussez à bout!” J’étais terrorisée, consciente d’être le principal objet de son indignation. Cachant mon visage, j’éclatai en sanglots.

“Je suis chrétien, lâcha le chirurgien, et je ne vois rien de mal à accepter des transfusions de sang. Même si c’était mal, Dieu vous pardonnerait.” Puis, changeant de tactique, il ajouta: “Si vous n’influencez pas Gary pour qu’il prenne du sang, c’est comme si vous l’assassiniez. Si vous êtes vraiment conscients [et je sentais son regard peser sur moi], vous ne pouvez qu’influencer Gary pour lui faire prendre du sang.” Modifiant une nouvelle fois sa tactique, il revint habilement à la charge en jouant sur les sentiments: “S’il prend du sang, il sortira d’ici et vous l’aurez de nouveau avec vous et avec vos enfants. Il pourra même retravailler. Mais la seule solution, c’est le sang.

“Voilà un homme en train de mourir. Nous pouvons le sauver, mais, à cause de vous, nous avons les mains liées. Est-​ce qu’il vous est déjà arrivé de voir quelqu’un mourir entre vos mains sans que vous puissiez le sauver?”, enchaîna-​t-​il. Je l’interrompis, d’une voix blanche: “Oui! J’ai perdu une fille.” Ma réponse sembla le désarçonner, car il cessa de parler. Mais il se reprit rapidement et dit. “Bon. Tout le monde dehors! Et réfléchissez à ce que cet homme va devoir subir.”

Une volte-face inattendue

En me levant pour prendre congé, je me tournai vers lui et demandai: “Puis-​je vous parler?” Tous les assistants s’étaient figés, et je sentais leurs regards braqués sur moi. “Seule à seul”, ajoutai-​je. “D’accord. Sortez tous!”, tonna le chirurgien.

Dès que nous fûmes seuls, je sentis immédiatement un changement dans son comportement. Il semblait s’être radouci. Entamant la conversation, il me demanda comment j’étais devenue Témoin de Jéhovah et ce qui était arrivé à ma fille. Puis il s’enquit de mon âge. Quand je lui eus répondu que j’avais vingt-six ans, il s’exclama, à ma grande surprise: “Mon Dieu! Comment peut-​on avoir déjà subi tout cela si jeune!”

J’étais abasourdie par la transformation qui venait de s’opérer. Je lui demandai s’il avait l’esprit ouvert. Il acquiesça. En effet, je voulais qu’il engage sa parole avant de lui remettre la photocopie de La Tour de Garde qui parlait du traitement par l’oxygène hyperbare. Lorsqu’il me la rendit, je lui demandai: “Croyez-​vous que ça pourrait marcher?”

“À vrai dire, je n’en sais rien, répondit-​il. Au point où nous en sommes, tout mérite d’être tenté.”

“Pouvez-​vous le transférer”, implorai-​je.

“Moi non, dit-​il, il n’en est pas question. Mais vous, vous pouvez le faire. Appelez la base navale.”

“Qu’est-​ce que je vais dire? Qui dois-​je appeler?”, demandai-​je.

“Vous n’avez qu’à téléphoner et demander le responsable des traitements hyperbares, puis vous arranger avec eux.” Il décrocha son combiné et téléphona à quelqu’un, quelqu’un qu’il appelait par son prénom. Racontant mon histoire, il plaida ma cause comme s’il voulait vraiment m’aider. Reposant le récepteur, il dit: “C’est réglé!” Il n’y avait plus qu’à transférer Gary à l’hôpital du Memorial de Long Beach.

C’est sans doute l’initiative du chirurgien qui expliquait la promptitude avec laquelle on prépara Gary. Pendant qu’on l’apprêtait, l’un des médecins parla du traitement hyperbare, simplement pour dire qu’il ne servirait à rien. Sans élever la voix, mais contenant avec peine sa rage, il ajouta: “Avec les blessures qu’il a, il lui faut du sang.” J’étais découragée. Mais déjà on roulait le brancard de Gary jusqu’à l’ambulance qui l’attendait. Un médecin prit place avec nous.

L’espoir renaît

Nous arrivâmes enfin en vue d’un gigantesque complexe hospitalier ultramoderne. Deux infirmiers nous attendaient. Ils roulèrent Gary dans son brancard jusqu’au 6e étage, dans une petite chambre individuelle du service de réanimation. Une infirmière m’accosta et m’expliqua que j’allais devoir attendre à l’extérieur que les médecins aient fini leur examen. Je descendis en salle d’attente pour me détendre un peu et priai Dieu qu’il me donne du courage et de la force. En effet 18 heures s’étaient écoulées depuis le moment fatidique où la sonnerie du téléphone m’avait réveillée, la nuit précédente.

Je décidai ensuite de rejoindre Gary dans sa chambre. En entrant, je vis que les médecins étaient toujours là. Pendant un instant, j’oubliai que j’avais sur moi l’article sur l’oxygène hyperbare. Marchant vers le médecin le plus proche, je lui tendis l’article. Ce chirurgien était un grand gaillard ventripotent et aux larges épaules; ses cheveux noirs étaient peignés en arrière. Il prit la photocopie et en entreprit la lecture. Quand il eut terminé, il lâcha entre ses dents, sur le ton laconique des médecins: “Tiens, tiens.” Ne pouvant me contenir plus longtemps, je lui demandai s’il avait entendu parler de ce traitement.

“Oui, oui, répliqua-​t-​il sans perdre son flegme, c’est moi qui ai écrit l’article!” [L’article auquel se référait La Tour de Garde avait été publié le 20 mai 1974 dans le Journal de l’Association des médecins américains (angl.).] Je me sentis rougir, autant sous l’effet de l’embarras que de la joie. Au fur et à mesure que le médecin m’expliquait le traitement qu’il allait appliquer, mes idées noires s’envolaient.

Tout en me forçant à l’optimisme, je gardais certains doutes. Je répétai au chirurgien la réflexion qu’un médecin m’avait faite juste avant de quitter l’hôpital précédent. “Il était d’avis, expliquai-​je, que le traitement ne servirait à rien et que, de toute façon, Gary ne guérirait pas si on ne lui transfusait pas du sang total.” Plongeant son regard dans le mien, le médecin secoua la tête avec un air compréhensif et déclara, plein de philosophie: “Certaines personnes ne parlent que par ignorance.” Satisfaite et rassurée, j’étais maintenant convaincue que le vent avait tourné en faveur de Gary.

Le traitement par l’oxygène hyperbare

Ce traitement consiste à placer le corps dans un caisson rempli d’oxygène avec une pression supérieure à la normale, qui est de 1 kg au cm2, au niveau de la mer. L’élévation de pression dissout de l’oxygène dans les tissus et les liquides corporels à une concentration nettement plus élevée que la normale. Quant au caisson, il s’agit d’un cylindre de métal recouvert d’un dôme de verre épais qui permet au patient de voir à l’extérieur et d’être observé du dehors. La porte particulièrement épaisse et arrondie ressemble à celles que l’on voit dans les salles des coffres. Un interphone permet de communiquer avec le patient. La mise sous pression se fait progressivement et se poursuit graduellement jusqu’au niveau fixé. La sensation que le malade éprouve sur ses tympans rappelle ce que l’on ressent lorsqu’on franchit une montagne en voiture ou lorsqu’on redescend en plaine. Durant les premiers jours, Gary reçut un traitement toutes les six heures, 24 heures sur 24. Après chaque traitement, il sentait que ses forces lui revenaient.

Le quatrième jour, vers 20 h, au retour du traitement, l’infirmière procéda comme à l’accoutumée à une prise de sang. Les résultats ne manquèrent pas de l’étonner: l’hématocrite était monté de 10 à 11%, soit d’un point. Ce chiffre restait très faible, mais il nous porta à l’optimisme. Après huit jours de traitement, il grimpa à 19, ce qui était suffisant pour transférer Gary du service de réanimation à une chambre d’observation.

Un matin, au réveil, j’eus la preuve manifeste que l’état de Gary s’était amélioré. “As-​tu envie de déjeuner, ce matin?”, demandai-​je d’un air enjoué. Il faut dire que depuis l’accident Gary n’avait pas absorbé la moindre nourriture. Sa réponse me fit bondir du fauteuil qui me servait de lit: “Je crois bien que oui!”

“Bon, bon!”, dis-​je, bouillonnant d’excitation. L’appétit qui revenait était une preuve de plus que mon mari vivrait. Contrairement à l’opinion médicale en vogue, il avait survécu sans transfusion de sang, évitant par la même occasion les complications parfois mortelles qui se produisent souvent à la suite de ces dernières. Il n’en restait pas moins que la raison de son refus était cette loi que Dieu a donnée aux chrétiens: “S’abstenir (...) du sang.” — Actes 15:28, 29.

Un autre drame se joue

Gary n’était pas encore sorti de la salle de réanimation que Bryan fit une forte poussée de fièvre. Au sommet de son crâne, il avait la fontanelle enflée, ce qui révélait une augmentation de la pression interne de la boîte crânienne. Ces signes évoquaient le début d’une méningite cérébro-spinale. Quand la doctoresse m’annonça qu’il allait falloir procéder à une transfusion de plaquettes, un frisson d’horreur me parcourut. La femme m’expliqua que la carence en plaquettes de Bryan était telle qu’une ponction lombaire risquait de déclencher une hémorragie ou de provoquer une paralysie.

La première fois que nous avions conduit Bryan à l’hôpital, une injonction du tribunal avait été délivrée pour nous enlever la garde de notre enfant. Mais on ne lui avait pas administré de sang puisque, de toute façon, cela n’aurait servi à rien. Bryan n’arrivait pas à fabriquer convenablement les plaquettes. Aussi nous étions-​nous entendus avec le médecin pour ne pas lui administrer de sang.

Finalement, ce médecin compréhensif arriva. Je le mis au courant des derniers événements. Il déclara qu’il allait pratiquer la ponction lombaire sans transfusion de sang. C’était aussi simple que cela: il n’y aurait pas de sang. Mais cela n’éliminait pas le risque d’hémorragie mortelle ou de paralysie. On fit analyser le liquide céphalo-rachidien au laboratoire, et il apparut que Bryan n’avait qu’une méningite virale. Je poussai un soupir de soulagement.

Un revirement spectaculaire

Depuis la première numération globulaire de Bryan, le jour où nous avions découvert sa maladie, le chiffre des plaquettes s’était maintenu à 4 000. Quelques jours après sa crise de méningite, il se produisit un revirement spectaculaire. Le visage rayonnant de joie, le docteur nous dit: “La numération de Bryan a grimpé un petit peu.

“C’est vrai?”, demandai-​je.

“Eh oui, poursuivit-​il. Elle est passée à 25 000.”

Au comble de l’émotion, je me mis en tête que Bryan allait vivre. Nous avions perdu tout espoir quand on nous avait expliqué que cette maladie ne laissait que peu de survivants, tout au moins à la connaissance du médecin. Aussi avais-​je de la peine à contenir ma joie lorsque j’apportai la bonne nouvelle à Gary. “Ce n’est pas encore bon, Jan”, dit-​il sans se laisser émouvoir par mon enthousiasme. C’était évidemment pour mon bien puisqu’un des médecins avait dit que Bryan n’avait qu’une chance sur un milliard de survivre.

Une semaine s’écoula. On emmena Bryan se faire faire une nouvelle prise de sang. Cette fois, ses plaquettes étaient passées à 50 000. Et toutes les semaines, à chaque prise de sang, ce chiffre grimpait. La semaine suivante, il atteignait 193 000, et la semaine d’après: 309 000. Finalement il se stabilisa à 318 000, c’est-à-dire à la moyenne normale. Les médecins en restaient interdits de stupeur, à tel point qu’ils se laissèrent aller à des réflexions comme: “Voilà un bébé unique au monde!” ou encore: “Il va nous rendre tous Témoins de Jéhovah!” Ils sont même allés jusqu’à attribuer l’amélioration de l’état de Bryan à un “miracle”.

Aujourd’hui, aussi bien Gary que Bryan ont recouvré la santé. Je ne sais comment exprimer la gratitude que j’éprouve devant un pareil dénouement. Personne n’accepte de voir un être cher souffrir ou mourir. Pourtant tous ces événements ont gravé en moi le sentiment qu’il existe quelque chose de plus précieux que la vie présente. Ce qu’il y a de plus important, en effet, c’est de garder les lois de Dieu, car, ce faisant, nous bénéficions de la promesse qu’il a faite de nous ressusciter d’entre les morts dans le nouveau système juste qu’il va établir et où nous pourrons jouir de la vie éternelle dans le bonheur et avec une santé parfaite (Rév. 21:3, 4). La fidélité que Jésus Christ a montrée jusqu’à la mort ainsi que la résurrection que Dieu a opérée par la suite sur lui ne prouvent-​elles pas que la voie de la sagesse consiste à suivre exactement les exigences de Dieu?

Je suis reconnaissante envers Jéhovah, notre Dieu bon et miséricordieux, de m’avoir donné la force d’endurer ces épreuves et de rester fidèle et intègre. Je trouve que les paroles suivantes, que l’apôtre Paul a rédigées sous l’action de l’esprit saint, s’appliquent tout à fait à mon cas: “Ce trésor, nous l’avons dans des vases de terre, pour que la puissance qui excède la puissance normale soit celle de Dieu et non pas celle qui vient de nous.” (II Cor. 4:7). — D’une de nos lectrices.

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