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  • g80 8/3 p. 21-24
  • L’Amazonie — objet de controverses

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Réveillez-vous ! 1980
g80 8/3 p. 21-24

L’Amazonie — objet de controverses

Une campagne en faveur de l’exploitation du bassin amazonien a allumé l’une des controverses écologiques les plus violentes de notre siècle. Tandis que, sous les tropiques, la forêt pluviale part en flammes, le reste du monde s’interroge sur les effets à long terme de ce phénomène. La plus grande jungle du monde va-​t-​elle devenir un désert? Notre correspondant au Brésil s’est rendu à Manaus, en plein cœur de l’Amazonie, pour recueillir des renseignements de première main.

“LE BRÉSIL est en flammes!”, s’exclama le secrétaire d’État brésilien à l’Environnement. D’autres voix se sont depuis jointes à la sienne. Les savants, le public et l’État brésilien s’inquiètent des rapports qui envisagent la transformation de l’Amazonie en “désert rouge” dans une vingtaine d’années.

Les photos prises par satellite révèlent que, sur une région forestière de 55 millions d’hectares, c’est-à-dire la superficie de la France, on a déjà déboisé 4 millions d’hectares, soit une surface supérieure à celle des Pays-Bas. Qui plus est, certains savants en renom ont exprimé l’opinion qu’il est très possible que 10 pour cent de la forêt pluviale amazonienne ait déjà disparu.

D’un autre côté, la revue Veja a publié ce point de vue que partagent beaucoup de Brésiliens: “Il est bien naturel que l’Amazonie ne reste pas indéfiniment fermée à l’exploitation économique, comme si c’était un jardin botanique. Le pays a plus que besoin des richesses de cette région.”

Quels intérêts sont en jeu en Amazonie? À quoi ressemble la jungle amazonienne?

La plus grande forêt pluviale du monde

L’Amazonie s’étend sur le territoire de huit pays. Si l’on inclut le Tocantins, elle couvre une surface de 7 millions de kilomètres carrés, soit la superficie de l’Australie. La partie occupée par le Brésil représente près de 5 millions de kilomètres carrés. Bien que ce soit la plus grande forêt pluviale du monde, la jungle ne représente que 65 pour cent seulement de cette région. Le reste est de la savane parc, de la steppe et de la savane fermée. La région est sillonnée par un immense réseau fluvial de 80 000 kilomètres de voies d’eau, dont 23 000 sont navigables, soit plus de la moitié de la circonférence terrestre.

La composition de la forêt est si variée qu’encore dernièrement, les spécialistes ont identifié 179 espèces d’arbres d’un diamètre supérieur à 15 centimètres sur un seul hectare de terre. Au total, il pousse près de 4 000 essences différentes dans cette forêt. Mais il règne une telle ignorance sur ces arbres et sur le potentiel qu’ils recèlent que l’on n’exploite commercialement que 6 ou 7 essences, dont les plus connues sont le noyer du Brésil, l’acajou, le cèdre et l’hévéa.

D’une façon générale, plus de 60 000 espèces de plantes tropicales sont originaires du bassin amazonien, ce qui représente un quart de toutes les plantes connues. Aucun autre endroit de notre planète ne recèle une telle densité de plantes tropicales, dont des milliers n’ont même pas encore été répertoriées. Quant aux animaux, aux oiseaux, aux poissons et aux insectes qui s’y trouvent, on ne les connaît pas tous non plus. Pendant des siècles, la jungle amazonienne est demeurée pratiquement inviolée.

Que signifierait donc pour l’ensemble de l’humanité le déboisement massif de l’Amazonie? Pour les savants, cela représenterait une perte en connaissance, du fait qu’on ne connaît pas encore pleinement la flore et la faune amazoniennes. Lors d’une conférence sur les espèces en danger qui s’est tenue dernièrement à San Jose (Costa Rica), David Munroe, président de l’Union internationale pour la préservation de la nature, a déclaré:

“Les arguments qui nous poussent à préserver la forêt pluviale sont extrêmement puissants. Mais les autorités des pays en voie de développement estiment de leur côté qu’elles ont des arguments tout aussi valables pour la couper et consacrer le bénéfice de cette exploitation à améliorer la situation économique du peuple. Dans un sens, on peut élever le débat à un niveau moins matérialiste, c’est-à-dire que les gens vont avoir à décider par eux-​mêmes du monde qu’ils souhaiteraient, soit un monde où tout serait assujetti à l’économie, avec ce que cela comporte de stérilité et d’uniformité, soit un monde où la variété des choses ferait prime et où l’on s’enthousiasmerait des surprenantes richesses que recèle la nature et de la beauté des formes de vie qui contribuent à l’équilibre écologique.”

Une écologie délicate

Quels sont les autres dangers qui pointent à l’horizon? La réponse n’est pas si facile. La forêt amazonienne présente en effet un équilibre écologique complexe et encore mal compris. Par exemple, sur les 1 100 cours d’eau qui composent le bassin amazonien, seuls une demi-douzaine d’entre eux charrient des alluvions fertiles. Quelle est donc la richesse véritable du sol? Relevons à ce propos ce qu’écrit le Brazil Herald:

“Au centre du problème, il y a que l’apparence de fertilité inépuisable de l’Amazonie masque l’un des écosystèmes les plus délicats du monde. Pour reprendre les termes d’une célèbre naturaliste américaine, Betty Meggers, l’Amazonie est ‘une contrefaçon de paradis’, une jungle dont la luxuriance ne provient pas du sol sur lequel elle repose, mais du recyclage continuel des nutriments grâce à la densité de la forêt dont elle est couverte.”

En réalité, le sol du bassin amazonien est une couche mince fertile. Comment la jungle parvient-​elle alors à subsister? Parce qu’elle se fertilise directement elle-​même. On observe autour de pratiquement chaque arbre et chaque plante de taille importante un système intriqué de racinement superficiel. Lorsqu’il pleut, l’eau filtre à travers le feuillage et prélève des sels minéraux sur les feuilles, les branches et les troncs d’arbre. Lorsqu’elle atteint la couche d’humus du sol, cette eau riche en nutriments est partiellement absorbée et stockée. La fertilisation de la forêt fait également intervenir les plantes parasites, les champignons et les insectes.

Un autre facteur clé dans le processus qui assure la survie de la forêt tient aux précipitations annuelles qui s’élèvent à 3 600 millimètres. Voici ce qu’en dit le Latin America Daily Post:

“Le changement de végétation consécutif au déboisement risque de conduire à des modifications locales du climat dans certaines régions tropicales. Bien que ces modifications restent en grande partie conjecturales, un projet de recherches mené au Brésil a abouti à la conclusion que 50 pour cent des pluies qui tombent sur le bassin amazonien sont le produit de l’évaporation de la forêt elle-​même. Si l’on réduit notablement les précipitations par des déboisements, tout l’équilibre écologique du bassin risque d’être remis en cause.”

Tout le monde a été surpris par cette découverte, car dans d’autres régions du monde, comme la vallée du Mississippi, 10 pour cent seulement des pluies proviennent de l’évaporation locale, tandis que le reste vient de la mer.

“Les poumons du globe”

On parle souvent de “poumons du globe” à propos de l’Amazonie. Est-​ce bien le cas? On a prétendu que la moitié de l’oxygène terrestre produit par les plantes provenait de là. Mais les savants affirment également que cette production est minime par rapport au volume total de l’oxygène présent dans l’atmosphère. Dans le livre La jungle amazonienne — de l’enfer vert au désert rouge (angl.), on lit que cet oxygène ne représente que 0,05 pour cent de la production annuelle d’oxygène dans l’atmosphère et de la teneur du globe en oxygène dissous.

Quoi qu’il en soit, un autre facteur intervient: c’est le gaz carbonique qui est libéré lorsqu’on brûle les déchets qui accompagnent tout abattage. Depuis un siècle, la teneur de l’atmosphère en gaz carbonique s’est accrue de 10 pour cent, ce qui montre qu’il est dangereux pour l’homme de toucher à l’écologie.

Le sort des indigènes

Beaucoup de gens s’interrogent sur le sort des indigènes dans cette lutte pour le progrès technique. Au début du seizième siècle, la population indienne du Brésil atteignait 3 millions d’habitants. Au fil des siècles, les maladies importées de l’Occident ainsi que les mauvais traitements ont réduit cette population à moins de 200 000 personnes. En 1970, il n’en restait que 42 000 en Amazonie proprement dite. Un responsable du Fonds national brésilien des Indiens a déclaré que plus de 3 000 Indiens amazoniens n’ont que des contacts très lâches avec les Blancs ou bien ne sont connus que par des rapports d’autres Indiens.

Ces Indiens primitifs, pour la plupart de culture tupie, vivent exactement là où se développent le secteur minier et diverses entreprises. Que va-​t-​il donc leur arriver? Légalement, ils ont le droit de vivre dans certaines limites. Mais, comme l’a rappelé un gouverneur d’État, “le territoire ne peut se permettre le luxe de préserver une demi-douzaine de tribus indigènes qui font obstacle au progrès”. Le Fonds des Indiens s’efforce donc de localiser les tribus hostiles, de les pacifier et de les attirer dans des secteurs bien précis. Ainsi, plus de 100 tribus ont été transplantées dans des réserves, la plus connue étant le parc Xingu, au centre du Brésil.

Une étude unique en son genre

En 1970, le gouvernement brésilien a inauguré une étude cartographique à l’aide de radars et de photographies, projet baptisé “Radar de l’Amazonie”, en abrégé RADAM. Achevé au printemps 1979, il avait coûté l’équivalent de 280 millions de francs français, coût auquel il faut ajouter la disparition de six avions et des pertes en vies humaines qui s’élevaient à 55 personnes.

Qu’a permis d’apprendre cette étude? Tout d’abord qu’il existe effectivement 500 millions d’hectares de sol amazonien, dont 70 pour cent pourraient convenir à des fermes de culture et d’élevage. Près de 10 millions d’hectares de terres sont décrits comme extrêmement fertiles. Bien que cette découverte ait fait plutôt bonne impression, les techniciens du RADAM ont souligné la nécessité absolue de prendre de grandes précautions avant de mettre en valeur la région, afin de ne pas contrarier l’équilibre extrêmement délicat de la nature.

L’exploitation du potentiel des forêts en bois a fait naître de grands espoirs, en particulier du fait qu’elle permettrait de réduire l’énorme dette extérieure du Brésil (220 milliards de francs français). Il existe également de fabuleux dépôts de minerais. Les gisements de manganèse d’Amapá sont évalués à 36 millions de tonnes. L’un des plus gros gisements de minerai de fer du monde (avec une teneur de 60 pour cent) se trouve dans les monts Carajas, dans l’État de Para. On a évalué les réserves de bauxite à 500 millions de tonnes. Quant au kaolin, qui sert en céramique, en papeterie et dans l’industrie pétrolière, ses réserves sont pratiquement inépuisables. On peut également exploiter des gisements de cassitérite (minerai d’étain), de sel gemme, de calcaire, de corps radioactifs et d’or.

Mais quels efforts fait-​on pour aboutir à une mise en valeur rationnelle?

La situation actuelle

Il y a dix ans, la plus grande forêt vierge du globe était un géant endormi. À présent, elle est sillonnée par 16 000 kilomètres de routes, dont les 4 000 kilomètres de l’autoroute transamazonienne. À la fin de l’année 1977, plus d’un million de colons s’étaient établis dans la région. Inquiets, les écologistes proclament que l’Amazonie est au bord du gouffre. Cette terre inviolée pourrait bien devenir prochainement un désert.

Toujours est-​il que le mouvement est lancé et que des centaines de fermes d’élevage se sont implantées, certaines ayant la taille d’un pays d’Europe. Les exploitations de 20 000 bêtes sont tout à fait courantes. La construction d’énormes centrales hydro-électriques est en cours, tel le barrage du Tocantins, qui devrait produire 6 700 mégawatts. L’ampleur des projets d’investissement privé est ahurissante. Ainsi, le milliardaire américain Daniel Ludwig a acheté un million d’hectares de jungle le long du Jari pour y faire pousser des eucalyptus (à cause de leur cellulose) et du riz, et pour exploiter les gisements de kaolin.

L’avenir

Comment ne pas se laisser déborder par cette percée irrésistible du progrès? Paulo Azevedo Berutti, président de l’Institut brésilien de mise en valeur des forêts, a souligné la nécessité de multiplier les inspecteurs des eaux et forêts. En 1977, les nations qui exploitent conjointement l’Amazonie ont signé le Pacte amazonien, qui permettra de coordonner les différentes politiques d’exploitation et de mise en valeur de la région.

Au début de l’année dernière, Mario Andreazza, ministre de l’Intérieur, annonça que le gouvernement allait prendre des mesures pour mettre un peu d’ordre dans la confusion actuelle. Désormais, les initiatives privées et les programmes d’exploitation de l’Amazonie devront tenir compte de la préservation de la région. C’est l’État qui en discutera directement.

Au milieu du concert des protestations, des voix se sont élevées parmi les quelque 9 millions d’habitants du bassin amazonien pour exprimer un point de vue positif sur toutes ces questions. En effet, plus de 6 000 Brésiliens de l’Amazonie se consacrent à informer le public que Jéhovah Dieu, le Créateur de la terre, ne permettra pas à l’homme de la saccager totalement. D’ailleurs, lors de deux assemblées chrétiennes qui se sont tenues à Manaus et à Belém, les 8 000 délégués ont souligné que Jéhovah a pour dessein de convertir toute notre planète en un paradis de délices.

Et la plus vaste serre du monde ne fait pas exception à ce projet.

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