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  • g94 22/11 p. 20-23
  • Je ne suis plus ni un rocher ni une île

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  • Je ne suis plus ni un rocher ni une île
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Réveillez-vous ! 1994
g94 22/11 p. 20-23

Je ne suis plus ni un rocher ni une île

‘JE SUIS un rocher/Je suis une île/Et le rocher ne ressent aucune douleur/Et une île ne pleure jamais’, disait une chanson des années 60. C’était l’une de mes préférées, car elle était le reflet de mon existence. Je ne me rappelais pas avoir éprouvé un jour des sentiments comme l’amour, la compassion ou la pitié, que les autres disaient ressentir. Je faisais semblant d’éprouver ces sentiments et je pensais qu’il en allait de même pour les autres. Pour autant que je m’en souvenais, je n’avais jamais pleuré depuis l’âge adulte. Et voilà qu’à 50 ans, ancien dans une congrégation chrétienne, je sanglotais tout seul chez moi, à cause de l’ouvrage que je lisais. Comment expliquer cela du “rocher”, de l’“île” que j’étais?

Je suis né en 1936 dans la banlieue de Boston, le quatrième d’une famille de huit enfants. Mon père et ma mère étaient alcooliques. Nous ne parlions pas de sentiments, nous ne manifestions jamais d’affection par des embrassades ou de toute autre façon dont je me souvienne. J’avais six mois lorsque quelqu’un m’a mis dans une baignoire, a bouché la bonde puis a ouvert le robinet avant de partir. La gardienne de la maison m’a vu et m’a sauvé la vie. Étant enfant je n’ai connu que la peur, la fureur et les douleurs physiques.

J’ai découvert ces choses avec mon père qui passait presque toujours ses explosions de colère sur mon petit corps, à coups de poing et de pied. L’expression qui se lisait alors sur son visage me poursuit encore, un demi-siècle après. La majeure partie de ma vie j’ai cru qu’il me battait parce que j’étais odieux, mais maintenant je sais que la fureur qu’il déversait sur moi n’avait aucun rapport avec ma conduite.

J’avais cinq ou six ans quand j’ai été victime de sévices sexuels infligés par notre médecin de famille. Au moment où j’ai commencé à fréquenter l’école, nous habitions dans une ville de 250 000 habitants, des Anglo-Saxons protestants; mes camarades me poursuivaient pour me tourmenter, moi, le petit Juif. Quand ces bandes de 10 ou 12 enfants m’attrapaient, ils arrachaient mes vêtements et les lançaient au sommet des arbres, ensuite ils me battaient. Je devais grimper tout nu aux arbres pour récupérer mes habits.

Un mois avant mon 18e anniversaire, je me suis engagé dans l’armée pour fuir mon foyer. Jusqu’alors je n’avais jamais touché à l’alcool, mais j’ai tout de suite commencé à boire et aussitôt je suis devenu alcoolique. Je suis resté 20 ans dans l’armée, et je m’enivrais chaque fois que je pouvais quémander, emprunter ou voler l’argent de quelques canettes de bière. Je me suis marié à 24 ans et j’ai eu un fils, mais ma femme et mon enfant vivaient dans un foyer dirigé par l’alcoolique que j’étais. Du reste, je les considérais tous deux comme un fardeau et une source de dépenses inutiles.

J’ai quitté l’armée en 1974 et je me suis lancé dans les affaires pendant une brève période, mais j’ai très vite abandonné. Je ne buvais plus, car mon organisme ne supportait plus l’alcool. J’avais des crises d’urticaire après seulement un ou deux verres de bière. Puis je suis devenu toxicomane; je prenais surtout de la marijuana, mais aussi d’autres drogues. J’étais incapable de conserver un emploi, je restais donc à la maison et j’effectuais les travaux ménagers pendant que ma femme, Donna, travaillait.

Des Témoins de Jéhovah frappent à ma porte

Un matin, il était 7 h 30, ma femme partait à son travail. J’étais déjà défoncé. Elle s’est mise en colère et sur le seuil de la porte elle m’a jeté un écriteau en criant: “J’espère qu’ils vont venir te casser les pieds.” C’était une pancarte qu’elle avait accrochée à la fenêtre et qui portait ces mots, écrits en grosses lettres: “INTERDIT AUX TJ”. Je l’ai jetée à la poubelle. Le lendemain matin, deux femmes ont frappé à ma porte. Elles étaient Témoins de Jéhovah.

À cette époque, j’avais choisi la religion bouddhique. J’avais rejeté la Bible depuis longtemps à cause de l’hypocrisie de mes parents, l’un juif et l’autre catholique. J’avais recherché Dieu pendant quelque temps, mais j’y avais renoncé, persuadé qu’il n’existait pas. Je croyais en l’évolution et pensais avoir apporté la preuve de l’inexistence de Dieu, car j’étais resté dehors sous un orage et, regardant le ciel, j’avais appelé Dieu par tous les noms grossiers qui me traversaient l’esprit; je lui avais dit: “Si tu existes, foudroie-​moi.” Je l’aurais fait si j’avais été à sa place, mais comme il ne s’était pas manifesté, j’en avais conclu qu’il n’existait pas. Je pensais que le monde était condamné parce que l’homme était incapable d’arrêter ses activités destructrices et j’espérais contempler sa fin à la télévision tout en absorbant de la drogue.

Ainsi, deux femmes m’ont rendu visite. J’étais euphorique et cherchais à me distraire. Pendant une vingtaine de minutes nous avons échangé des propos anodins, et finalement, elles m’ont proposé, pour 25 cents, un petit livre bleu. Je me suis dit que 20 minutes de détente valaient bien 25 cents, aussi j’ai pris le livre et je l’ai lancé sur la table sans m’y intéresser.

Le lendemain matin, j’ai cherché quelque chose à lire afin de retarder ma première cigarette de marijuana. J’ai aperçu le petit livre bleu et je l’ai pris, espérant ainsi m’occuper pendant une heure environ. Quatre heures plus tard, j’avais terminé le livre et j’étais absolument convaincu qu’il méritait son titre: La vérité qui conduit à la vie éternelle. Il y avait de la drogue à la maison et je savais que dès que j’aurais posé le livre, j’irais en fumer et j’oublierais tout ce que j’avais lu. La dernière page du livre proposait une Bible pour un dollar, j’ai donc glissé un dollar dans une enveloppe et je l’ai postée en disant à Dieu (je n’avais jamais prié de ma vie): “Dieu, c’est tout ce que je peux faire, à toi de t’occuper du reste.” Après avoir envoyé la lettre, je me suis drogué, oubliant tout ce qui m’avait touché si profondément.

La Bible est arrivée par la poste, mais je me suis contenté de la ranger. Peu de temps après, deux Témoins sont venus me proposer d’étudier la Bible en leur compagnie; j’ai accepté. Les études étaient intéressantes, mais je ne faisais aucun progrès, parce que j’essayais surtout d’impressionner les Témoins par mes connaissances philosophiques. En outre, dès qu’ils partaient, j’absorbais de la drogue, ce qui annulait tous les progrès que j’avais faits dans la journée.

Finalement, au bout d’un an, Jim, l’un des Témoins, est venu et m’a prié de lire Ézéchiel 33:9 qui déclare: “Mais en ce qui te concerne, si tu avertis effectivement quelqu’un de méchant de se détourner de sa voie pour qu’il revienne, mais qu’il ne revienne pas de sa voie, il mourra, lui, dans sa propre faute, tandis que toi tu délivreras ton âme.” Il m’a alors demandé ce que cela signifiait. J’ai répondu: “Cela veut dire que vous ne reviendrez plus et que je vais mourir.” “C’est exact”, a-​t-​il dit, et il est parti.

Les Témoins reviennent

J’étais heureux de constater que j’avais encore une conscience, car je la croyais étouffée depuis longtemps. J’aspirais à connaître l’avenir dont parle la Bible, aussi ai-​je décidé de tenter d’en finir avec la drogue. Pendant plusieurs semaines j’ai essayé d’arrêter tout seul, mais en vain. Un soir, ma femme m’a conseillé d’appeler “cet ami”, c’est-à-dire Jim, le Témoin. Je lui ai répondu: “Jim m’a dit qu’il ne reviendrait pas.” Du reste, j’ignorais son numéro de téléphone. Je me sentais vraiment désespéré.

Le lendemain même, nous avons trouvé une Tour de Garde à notre porte, avec le numéro de téléphone de Jim. Sa femme l’avait laissée “sans raison particulière”. J’ai appelé Jim et je lui ai avoué que j’étais alcoolique et toxicomane; je lui ai demandé s’il pouvait m’aider. Il m’a dit qu’il viendrait étudier tous les jours avec moi si je cessais de me droguer.

Une période d’étude intensive a alors commencé; j’y consacrais mes jours et mes nuits. Non seulement j’étudiais quotidiennement avec Jim, mais il m’apportait aussi des auxiliaires bibliques et des articles de La Tour de Garde. Je ne dormais que quatre heures par nuit, un problème courant chez les alcooliques, et le reste du temps je m’appliquais à étudier la Bible. Comme je ne me droguais plus, tout ce que j’avais appris l’année précédente, ainsi que tout ce que je découvrais en 18 ou 20 heures d’étude chaque jour avait des effets immédiats.

De plus, j’ai commencé à assister à toutes les réunions des Témoins. En quelques semaines, j’ai progressé au point de prononcer pour la première fois de ma vie une véritable prière, dans laquelle je me suis d’ailleurs voué à Dieu. Je me suis mis à aller de porte en porte et à prêcher à tous ceux que je connaissais. J’ai commencé sept études bibliques, et cinq personnes qui y assistaient, notamment ma femme et mon fils, ont progressé jusqu’au baptême. Quant à moi, je me suis fait baptiser le 23 mai 1976, lors d’une assemblée de circonscription, à peine trois mois après avoir appelé “cet ami”. Je suis devenu pionnier (prédicateur à plein temps) et le suis resté pendant 13 ans.

Cela me ramène au moment où j’ai commencé ce récit: j’étais alors âgé de 50 ans, et, seul à la maison, je pleurais en lisant un livre. Au cours des années 80, les ouvrages permettant d’améliorer sa personnalité étaient très populaires et j’en ai examiné un. Les conseils ne m’ont pas été très utiles. À vrai dire, ils reflétaient la sagesse du monde et je ne tenais pas à les suivre; mais le livre m’a aidé à comprendre combien ma sensibilité avait été blessée par les meurtrissures de mon enfance et les carences affectives dont j’avais souffert. Les larmes que j’ai versées étaient à la fois des larmes de joie, car enfin je comprenais pourquoi je n’arrivais pas à éprouver de sentiments, et des larmes de chagrin devant l’immense perte que j’avais subie pendant les 50 années où j’avais été incapable de ressentir certaines émotions. Ceci expliquait les nombreuses périodes de dépression que j’avais eues toute ma vie.

Progressivement, en apprenant par la lecture de la Bible à mieux connaître Jéhovah et son amour, amour dont j’étais l’objet, j’ai senti naître dans mon cœur des sentiments que je n’avais jamais éprouvés auparavant. J’aimais ma femme et mon fils, mes frères et sœurs des congrégations chrétiennes, ainsi que les personnes à qui je prêchais la bonne nouvelle du Royaume de Dieu, afin qu’elles puissent également vivre éternellement dans le monde nouveau de justice que Dieu a promis d’établir sur la terre.

Créés pour aimer et pour être aimés

Nous avons été créés pour aimer et pour être aimés. Dès sa naissance, un enfant a besoin d’amour et doit se sentir accepté. Sinon, il se croit indigne d’être aimé et se déprécie. Quand j’étais tout petit, je désirais ardemment être serré dans les bras et cajolé. Je m’en souviens encore: lorsque des invités venaient à la maison, ils me regardaient jouer dans mon parc. Je voulais qu’ils me prennent, mais ils ne le faisaient jamais; alors je me mettais à pleurer parce que personne ne me prenait dans ses bras.

Ces blessures d’enfance m’avaient rendu incapable d’assumer convenablement mon rôle de mari et de chef de famille. En outre, elles m’avaient empêché de croire que Jéhovah, notre Père céleste, pouvait m’aimer. Progressivement, la vérité concernant Jéhovah m’a transformé; ce que j’ai appris à son sujet a touché mon cœur, et je sais maintenant qu’il m’aime sans réserve. J’ai également appris que nous ne pouvons en aucune façon gagner cet amour. C’est une faveur imméritée de la part de Jéhovah, le Dieu d’amour.

Ce qui importe, c’est que grâce à la bénédiction de Jéhovah, ma femme et moi goûtons maintenant une vie heureuse. Nous nous dépensons actuellement dans une région où il y a grand besoin de prédicateurs du Royaume. Je suis le surveillant-président d’une chaleureuse congrégation, dans une pittoresque petite ville située dans les montagnes d’Arizona. Je dirige une étude de livre et j’ai aussi la joie de m’occuper de l’École du ministère théocratique. Ma modeste entreprise de lavage de vitres et la pension que je touche me permettent de subvenir à nos besoins; je peux ainsi consacrer du temps au ministère et au service de notre Père céleste plein d’amour.

Lorsque je songe à ma situation le matin où ma femme m’a lancé le panneau “INTERDIT AUX TJ”, mon cœur se remplit de reconnaissance envers mon Père céleste pour tout ce qu’il a fait pour moi. Le toxicomane incapable de garder un emploi, qui avait comme unique espérance de voir la destruction de l’humanité, est devenu un membre de l’organisation terrestre visible de Jéhovah et consacre son temps à faire connaître la bonne nouvelle du Royaume de Dieu, le seul espoir de l’humanité, à un maximum de gens. Grâce à Jéhovah, je suis entouré de personnes qui m’accordent ce que j’ai toujours recherché: l’amour, la confiance et l’estime.

Je n’essaie plus d’être un “rocher” qui ne ressent aucune douleur ni une “île” qui ne pleure jamais. — Par Larry Rubin.

[Illustration, page 23]

Larry Rubin et sa femme Donna.

[Photo de Larry Rubin, page 20]

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