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  • g99 8/2 p. 12-15
  • Une vie productive et heureuse malgré la cécité

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  • Une vie productive et heureuse malgré la cécité
  • Réveillez-vous ! 1999
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Réveillez-vous ! 1999
g99 8/2 p. 12-15

Une vie productive et heureuse malgré la cécité

Par Polytimi Venetsianos

Je jouais avec mes frères, ma sœur et un cousin quand un petit objet est entré par la fenêtre. C’était une grenade. Quand elle a explosé, mes frères et ma sœur ont été tués, et moi j’ai perdu totalement la vue.

CE DRAME s’est produit le 16 juillet 1942. Je n’avais que cinq ans. Pendant plusieurs jours, j’ai multiplié les épisodes comateux. En reprenant connaissance, j’ai demandé mes frères et ma sœur. Quand j’ai appris qu’ils étaient morts, j’ai regretté de ne pas l’être moi aussi.

À l’époque de ma naissance, ma famille vivait sur l’île grecque de Salamine, près du Pirée, le port d’Athènes. Bien que pauvres, nous menions une existence paisible... jusqu’à ce qu’éclate la Seconde Guerre mondiale, en 1939. Mon père, marin, naviguait en Méditerranée. Il devait souvent éviter les sous-marins, les frégates, les torpilles et les bombes des puissances de l’Axe comme ceux des Alliés. La Grèce était sous la botte des fascistes et des nazis.

Élevée dans la haine de Dieu

À cause des conditions effroyables qui régnaient durant la guerre, maman a perdu un quatrième enfant. Elle a fait une très grave dépression et a contracté la tuberculose. Finalement, après avoir accouché de son sixième enfant, elle est morte. C’était en août 1945. Des voisins, gens religieux, ont commencé à dire que c’était Dieu qui nous punissait. De leur côté, des prêtres orthodoxes grecs affirmaient que Dieu avait pris mes frères et ma sœur pour en faire des petits anges ; leur explication, censée nous réconforter, produisait l’effet inverse.

Mon père était indigné. Pourquoi Dieu arrachait-​il quatre petits enfants à une famille pauvre alors qu’il avait des millions d’anges auprès de lui ? Ces doctrines orthodoxes ont fait naître en lui de la haine pour Dieu et un fort sentiment antireligieux. Après cela, il a rompu complètement avec la religion. Il m’a enseigné la haine et le mépris de Dieu ; Dieu, disait-​il, était responsable de nos souffrances.

Comme une bête en cage

Peu après la mort de ma mère, en 1945, papa a contracté à son tour la tuberculose et est entré dans un sanatorium. Ma petite sœur, qui n’était qu’un bébé, a été recueillie par l’assistance publique. Quand papa a quitté le sanatorium et a voulu reprendre sa fille, on lui a appris qu’elle était morte. Quant à moi, on m’a placée dans une école pour aveugles. J’allais y rester huit ans. Au début, j’étais effondrée. Les jours de visite, c’était atroce : la plupart de mes camarades avaient de la visite, mais pas moi.

Je me comportais comme un animal en cage. J’étais considérée comme le fléau de l’école, alors on me battait et on me faisait asseoir sur la chaise réservée aux cancres. J’ai souvent pensé au suicide. Mais, avec le temps, il m’est apparu clairement que je devais apprendre à être autonome. J’en suis venue à éprouver de la satisfaction à aider mes camarades, et je leur donnais souvent un coup de main pour s’habiller ou faire leur lit.

Selon les prêtres, Dieu nous avait rendus aveugles parce que nos parents avaient dû commettre un péché très grave. Cela ne faisait que renforcer ma haine pour ce Dieu que je trouvais méchant et malveillant. La doctrine selon laquelle l’esprit des morts vient tourmenter les vivants m’effrayait et me rendait amère : j’aimais mes frères, mes sœurs et ma mère, mais j’avais peur de leur “ esprit ”.

L’aide de mon père

Un jour, papa a rencontré les Témoins de Jéhovah. Il a été stupéfait d’apprendre dans la Bible que la cause de la souffrance et de la mort n’est pas Jéhovah, mais Satan (Psaume 100:3 ; Jacques 1:13, 17 ; Révélation 12:9, 12). Très vite après cette révélation, il s’est mis à assister aux réunions des Témoins de Jéhovah. Sa spiritualité s’est développée, et, en 1947, il s’est fait baptiser. Quelques mois plus tôt, il s’était remarié, et il avait maintenant un fils. Par la suite, sa femme s’est jointe à lui dans le culte de Jéhovah.

À 16 ans, j’ai quitté l’école pour aveugles. La chaleur d’un foyer chrétien m’attendait. Quel bonheur ! Il y avait à la maison ce qu’on appelait une étude biblique familiale, à laquelle on m’a invitée à assister. J’ai accepté, à la fois par respect et par politesse, mais je n’écoutais absolument pas ce qui se disait ; je haïssais encore trop Dieu et la religion.

Ma famille étudiait la brochure La voie de Dieu est une voie d’amour. J’étais parfaitement indifférente, jusqu’au jour où papa a parlé de la condition des morts. Ça, ça m’intéressait. On a lu dans la Bible Ecclésiaste 9:5, 10, qui dit : “ Les morts, eux, ne savent rien [...]. Il n’y a ni œuvre, ni plan, ni connaissance, ni sagesse dans le shéol, le lieu où tu vas. ”

J’ai commencé alors à comprendre que ma peur était injustifiée, que ma mère, mes frères et mes sœurs ne pouvaient pas me nuire. La discussion s’est ensuite orientée sur la question de la résurrection. Et là, j’ai ouvert encore plus grand mes oreilles. En apprenant la promesse biblique d’une résurrection des morts sous le règne du Christ, j’ai senti mon cœur se gonfler de joie (Jean 5:28, 29 ; Révélation 20:12, 13). Du coup, ces discussions hebdomadaires en famille ont pris pour moi un caractère passionnant. Je les attendais avec impatience, et malgré ma cécité, je me préparais soigneusement.

Mes yeux s’ouvrent

Au fur et à mesure que ma connaissance des Écritures s’étoffait, mes idées fausses sur Dieu et sur ses façons d’agir se dissipaient. Ni moi ni personne n’était aveugle par la volonté divine ; non, la racine de tous les maux était l’Adversaire de Dieu, Satan le Diable. Je regrettais profondément d’avoir, par pure ignorance, accusé Dieu ! Poussée par une soif insatiable, je grandissais dans la connaissance exacte de la Bible. J’assistais et participais à toutes les réunions chrétiennes, alors que nous habitions très loin de la Salle du Royaume. J’étais également une prédicatrice zélée qui ne laissait pas son infirmité l’entraver.

Le 27 juillet 1958, un peu plus de 16 ans après l’accident qui m’avait coûté la vue, je me suis fait baptiser. Quel beau jour ! Je prenais un nouveau départ, animée par une espérance et un optimisme sans faille. J’avais maintenant un but dans la vie : servir mon Père céleste Jéhovah, un Dieu d’amour. La connaissance de Dieu m’avait libérée des faux enseignements et insufflé le courage, la confiance et la détermination nécessaires pour supporter ma cécité et les difficultés qu’elle engendrait. Je passais chaque mois un minimum de 75 heures à prêcher aux autres la bonne nouvelle.

Mariage et divorce

En 1966, j’ai épousé un homme qui avait les mêmes objectifs que moi dans la vie. Le bonheur serait certainement au rendez-vous, car nous cherchions tous les deux à étendre notre activité d’évangélisateurs. Certains mois, nous consacrions des dizaines d’heures à cette œuvre salvatrice. En 1970, nous nous sommes installés dans une région isolée, près de Livadiá, dans le centre de la Grèce. Nous y sommes restés jusqu’en 1972. Malgré la domination oppressive de la junte militaire alors au pouvoir dans le pays, nous avons aidé plusieurs personnes à connaître les vérités bibliques et à se faire baptiser. Nous avons également été heureux de soutenir la petite congrégation locale de Témoins de Jéhovah.

Hélas, avec le temps mon mari s’est mis à négliger l’étude de la Bible et l’assistance aux réunions chrétiennes. Il a fini par se détourner complètement des enseignements bibliques. Notre mariage en a beaucoup souffert. En 1977, nous avons divorcé. J’étais anéantie.

Une vie heureuse et productive

Durant cette période difficile de ma vie, Jéhovah et son organisation m’ont à nouveau secourue. Un Témoin plein de sollicitude m’a expliqué que si je laissais une situation imputable à mon ex-mari me priver de ma joie, je deviendrais en quelque sorte son esclave, car c’est lui qui détiendrait la clé de mon bonheur. À peu près au même moment, une chrétienne âgée de la congrégation a demandé de l’aide pour devenir une meilleure prédicatrice. Je me suis bientôt investie complètement dans ce qui me procurait une joie sans égale : le ministère.

Puis un autre chrétien m’a fait cette suggestion : “ Rien ne t’empêche de continuer à apporter ton aide là où tu seras le plus utile. Tu peux être comme un phare que Jéhovah Dieu utiliserait. ” L’idée m’a enthousiasmée ! Moi, une aveugle, être “ un phare que Jéhovah Dieu utiliserait ” ! (Philippiens 2:15.) J’ai sans tarder quitté Athènes pour m’installer à Amárinthos, village du sud de l’Eubée, une région où les enseignants de la Bible étaient rares. Avec l’aide d’amis du coin, j’ai pu me faire construire une maison et trouver le moyen de subvenir correctement à mes besoins.

C’est ainsi que, depuis plus de 20 ans, je m’engage plusieurs mois chaque année dans une forme ou une autre d’évangélisation accrue. Grâce à la force que me donne Jéhovah, je participe à tous les modes de témoignage, qu’il s’agisse d’aller de porte en porte, d’étudier la Bible avec des particuliers ou de parler aux gens dans la rue. Actuellement, j’ai le bonheur de diriger quatre études de la Bible. Et quelle joie de voir aujourd’hui trois congrégations là où il n’y avait que quelques Témoins de Jéhovah il y a 20 ans !

Deux fois par semaine, je fais plus de 60 kilomètres aller et retour pour assister aux réunions chrétiennes, déterminée que je suis à ne pas en manquer une seule. Lorsque, à cause de l’absence de contact visuel avec l’orateur, je me surprends à rêvasser, je prends quelques notes dans mon carnet en braille. De cette façon, j’oblige mes oreilles et mon esprit à rester attentifs. Par ailleurs, une des réunions de la congrégation, l’étude de livre, à laquelle assistent des gens venant des villages voisins, a lieu chez moi, ce que je tiens pour un privilège. Enfin, au lieu de toujours attendre que les autres viennent me voir, je leur rends visite. Il en résulte un encouragement mutuel. — Romains 1:12.

À la maison, quand j’étais adolescente, mon père ne m’a jamais traitée comme une aveugle. Avec patience et persévérance, il m’a appris pendant des heures à me servir de mes mains. Cette formation pratique me permet de m’occuper correctement de mon jardin et de mes quelques bêtes. Je fais mon ménage, je prépare mes repas, ce qui représente beaucoup de travail. J’ai appris que l’on peut trouver du plaisir, du bonheur même, dans les choses simples de la vie, dans ce que l’on a. Les quatre sens qui me restent, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher, me permettent de faire quantité de choses, ce qui me procure une immense satisfaction. Cela aussi est un excellent témoignage pour mon entourage.

Soutenue par mon Dieu

Beaucoup se demandent comment je peux être optimiste et autonome malgré mon infirmité. L’honneur en revient avant tout à Jéhovah, “ le Dieu de toute consolation ”. (2 Corinthiens 1:3.) Après avoir perdu la vue, j’ai souvent pensé au suicide. Je crois donc que, sans Jéhovah et la vérité biblique, je ne serais plus en vie aujourd’hui. J’ai compris avec le temps que le Créateur nous a fait beaucoup de dons, pas seulement celui de la vue, et que si nous les utilisons, nous pouvons être heureux. Un jour où des Témoins de Jéhovah prêchaient dans mon village, une femme leur a dit, en parlant de moi : “ C’est le Dieu qu’elle adore qui l’aide à faire tout ce qu’elle fait ! ”

Mes épreuves m’ont rapprochée de Dieu, et ma foi s’en trouve grandement affermie. L’apôtre Paul souffrait lui aussi de ce qu’il a appelé “ une épine dans la chair ”, peut-être une maladie des yeux (2 Corinthiens 12:7 ; Galates 4:13). Cela ne l’a pas empêché d’être “ entièrement occupé ” par la bonne nouvelle. Comme lui, je peux dire : “ Très volontiers donc je me glorifierai plutôt pour ce qui est de mes faiblesses [...]. Car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis puissant. ” — Actes 18:5 ; 2 Corinthiens 12:9, 10.

Par-dessus tout, l’espérance de revoir, et de mes yeux, ma mère, mes sœurs et mes frères à la résurrection a incontestablement un effet bénéfique sur moi. La Bible promet que ‘ les yeux des aveugles s’ouvriront ’ et qu’“ il va y avoir une résurrection tant des justes que des injustes ”. (Isaïe 35:5 ; Actes 24:15.) Ces perspectives me remplissent d’optimisme et me font attendre impatiemment l’avenir glorieux que nous connaîtrons sous le Royaume de Dieu.

[Illustrations, page 15]

Mon père, qui a étudié la Bible avec moi.

Dans ma cuisine.

Avec une amie dans le ministère.

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