Questions de lecteurs
● Dans Ésaïe 54:1 il est écrit : “ Les fils de la délaissée seront plus nombreux que les fils de celle qui est mariée. ” Qui est la “ mariée ” dont il est question ici ? — M. F., États-Unis.
“ Pousse des cris de joie, stérile, qui n’enfantais pas ! Éclate de joie et d’allégresse, toi qui n’as pas été en travail ! Car les fils de la délaissée sont plus nombreux que les fils de celle qui avait un époux, dit Jéhovah. ” Le récit se poursuit par un appel à la délaissée, qui doit élargir sa tente et se préparer pour l’accroissement, car la honte de sa jeunesse et de son veuvage sera oubliée : “ Car ton époux, c’est ton Créateur ; Jéhovah des armées est son nom. ” Dans sa colère Jéhovah lui avait caché un moment son visage et l’avait abandonnée pour un instant, mais maintenant il accueille cette délaissée, semblable à une veuve, avec bonté et compassion, la bénit en lui donnant de nombreux descendants et la rend dans ce sens plus heureuse que la mariée. — És. 54:1-8, Cr 1905.
Paul parla de ces deux femmes symboliques et les compara à Sara et à Agar : “ Il est écrit qu’Abraham eut deux fils, l’un de la servante, l’autre de la femme libre. Mais le fils de la servante naquit selon la chair, et celui de la femme libre en vertu de la promesse. Ces choses ont un sens allégorique ; car ces femmes sont deux alliances. L’une, du mont Sinaï, enfantant pour la servitude : c’est Agar, — car Sine est une montagne en Arabie — qui correspond à la Jérusalem actuelle, laquelle est esclave, elle et ses enfants. Mais la Jérusalem d’en haut est libre : c’est elle qui est notre mère ; car il est écrit : “ Réjouis-toi, stérile, toi qui n’enfantes point ! Éclate en cris de joie et d’allégresse, toi qui ne connais pas les douleurs de l’enfantement ! Car les enfants de la délaissée seront plus nombreux que les enfants de celle qui a un époux. ” Pour vous, frères, vous êtes, à la manière d’Isaac, enfants de la promesse. Mais de même qu’alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’esprit, ainsi en est-il encore maintenant. Mais que dit l’Écriture : “ Chasse l’esclave et son fils, car le fils de l’esclave ne saurait hériter avec le fils de la femme libre. ” C’est pourquoi, frères, nous ne sommes pas enfants de la servante, mais de la femme libre. ” — Gal. 4:22-31, Cr 1905.
Agar représentait la disposition de l’alliance de la loi, instituée au mont Sinaï, et qui engendra l’Israël selon la chair en qualité de nation pour le nom de Jéhovah, avec son temple, où, selon les prescriptions de l’alliance, étaient présentés les sacrifices. La loi rappelait constamment à la Jérusalem terrestre qu’elle se trouvait sous la servitude du péché et de la mort. Les enfants engendrés sous cette disposition étaient en esclavage comme l’était le fils de la servante Agar. Pendant longtemps ce furent cependant les seuls enfants qui naquirent. Bien qu’étant libre et qu’un fils lui ait été promis, Sara n’avait pas de descendant. Plus tard elle eut un fils, Isaac. Elle représentait la nouvelle alliance et la Jérusalem d’en haut qui attendit longtemps avant d’avoir des enfants. Jusqu’à ce moment elle était abandonnée comme une jeune femme rejetée, semblable à une veuve, non mariée ou sans époux en ce qui a trait aux descendants. C’est la Jérusalem correspondant à Agar qui semblait être réellement mariée et mère d’enfants.
En hébreu, comme en français, le terme ville est féminin, on parle d’elle comme d’une femme et de ses habitants comme de ses enfants. La Jérusalem céleste, la Jérusalem d’en haut, l’organisation invisible de Jéhovah, comme Sara, donna finalement naissance à la postérité de la promesse mentionnée dans Genèse 3:15. Après une période d’attente de quatre mille ans, elle l’engendra au moment où Jésus vint au monde en qualité de Fils de Jéhovah, lorsqu’il fut baptisé et engendré de l’esprit. D’autres enfants libres de la promesse naquirent à la Pentecôte et plus tard, non sous la loi de servitude d’Agar, mais de la femme libre ; ils furent engendrés de l’esprit pour devenir partie intégrante du corps du Christ ou de son assemblée céleste. Ils furent persécutés par le système religieux juif et ses chefs, ce qui correspond aux persécutions d’Isaac par Ismaël, le fils d’Agar. La descendance de la Jérusalem d’en haut s’accrut néanmoins tandis que celle de la Jérusalem terrestre, infidèle, fut rejetée en tant qu’enfants du grand Père et Époux Jéhovah. Sara vivant dans une tente, celle-ci devait être agrandie quand la famille s’accroissait ; c’est pourquoi il a été dit à l’organisation de la femme, correspondant à Sara, que le moment viendrait où elle devrait agrandir sa tente. Avec le temps elle aurait davantage de descendants que ne produisit l’alliance de la loi comparée à Agar et qui donna naissance à la nation d’Israël, de laquelle tous, sauf un petit reste, furent infidèles et demeurèrent sous la servitude du péché et de la mort. Ainsi donc l’épouse mentionnée dans Ésaïe 54:1 est la Jérusalem infidèle, dont les habitants ou enfants ont été rejetés, tandis que celle qui fut si longtemps délaissée, comme une femme rejetée ou une veuve sans enfants, est l’organisation universelle de Jéhovah, la Jérusalem d’en haut, qui, au temps fixé, donne naissance à de nombreux enfants.
● Le texte de Job 14:22 ne fait-il pas allusion aux tourments de l’âme après la mort du corps ? — J. M., États-Unis.
Dans Job 14:20-22 nous lisons : “ Tu es sans cesse à l’assaillir, et il s’en va ; tu le défigures, puis tu le renvoies. Que ses fils soient honorés, il n’en sait rien ; qu’ils soient dans l’abaissement, il l’ignore. C’est pour lui seul qu’il éprouve de la douleur en son corps, c’est pour lui seul qu’il ressent de la tristesse en son âme. ” Les Job 14 versets 20 et 21 décrivent en effet la condition de la mort, mais non pas le Job 14 verset 22. Il se rapporte à l’existence difficile dont Job a déjà parlé en disant que la courte vie de l’homme, né de la femme, est sans cesse agitée. De l’avis de ceux qui croient aux tourments de l’âme après la mort du corps, l’âme se sépare du corps charnel qui se décompose. Ils n’enseignent pas l’immortalité du corps, ni que celui-ci continue à vivre dans un étang de feu pour subir des tourments dans sa chair. Ce texte ne saurait en aucun cas prouver que l’âme est tourmentée éternellement, car il s’agit de la douleur ressentie par le corps. Au cours de sa vie l’homme souffre dans sa chair ou est capable de ressentir la douleur. Si le verset parle de la tristesse que ressent son âme, il répète simplement la même idée générale dans une construction parallèle. C’est uniquement une manière poétique de dire qu’une personne est triste. “ L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra ”, mais aussi longtemps qu’elle est vivante ou un corps animé de chair et de sang, elle est agitée et éprouve la douleur. — Ézéch. 18:4.