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  • Mon combat pour être le meilleur en valait-il la peine ?

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  • Mon combat pour être le meilleur en valait-il la peine ?
  • La Tour de Garde annonce le Royaume de Jéhovah 1976
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La Tour de Garde annonce le Royaume de Jéhovah 1976
w76 1/11 p. 643-650

Mon combat pour être le meilleur en valait-​il la peine ?

Réflexions d’un champion olympique

DEPUIS plusieurs années je rêvais de vivre cet instant : participer aux Jeux Olympiques. C’était le samedi 17 octobre 1964, aux Jeux de Tokyo.

Les 75 000 places du Stade national étaient occupées. Les rues de la ville étaient pratiquement désertes, car tout le monde était devant son poste de télévision. Le départ de la finale du 200 mètres allait être donné.

Je pris place dans les blocs de départ aux côtés de sept autres sprinters. Nous avions tous franchi le stade des épreuves éliminatoires les jours précédents. Sur cette distance, nous étions les hommes les plus rapides du monde.

J’étais terriblement contracté. Non pas tant à cause des millions d’yeux qui étaient braqués sur nous qu’en raison du nationalisme. Les Jeux Olympiques s’étaient transformés en une compétition acharnée entre Russes et Américains. Chaque jour dans le monde entier on annonçait les médailles gagnées par les athlètes de ces deux pays. Nos universités, nos maires, nos gouverneurs et même le président des États-Unis nous avaient envoyé des télégrammes pour nous rappeler que nous concourions pour notre pays, pour nous dire que notre pays est le meilleur.

Les journaux favorisaient, eux aussi, cette tension, car ils comptaient les médailles que nous pouvions remporter. Ils présentaient les choses comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, comme si l’honneur de notre pays était en jeu. Ainsi, Kokichi Tsuburaya, coureur japonais de marathon, s’est suicidé après avoir perdu la course. Il laissa une lettre dans laquelle il s’excusait d’avoir “trahi” son pays.

Aussi je me disais : “Je ne peux pas abandonner mon pays. Si je perds, je ne pourrai pas regarder en face mes compatriotes.” À l’époque, je détenais le record du monde du 200 mètres. Les Américains s’attendaient donc à ce que je gagne.

Cherchant à faire connaître leur situation, les Noirs, eux aussi, exerçaient certaines pressions sur moi. On m’a souvent répété que d’autres Noirs avaient perdu, trahissant ainsi leurs frères. Je devais donc gagner pour les Noirs d’Amérique. En revanche, d’autres Noirs nous incitaient à boycotter les Jeux, afin de montrer que sans nous l’Amérique ne pouvait gagner.

Mais je pensais surtout à ma famille et à mes amis. Je ne voulais pas qu’ils aient honte à cause de moi. J’étais leur héros. Ils me soutenaient et se réjouissaient pour moi. Quand je gagnais, ils gagnaient, mais quand je perdais, ils perdaient. Vous comprendrez sans doute mieux cela quand je vous aurai parlé de ma jeunesse.

L’ASCENSION D’UN CHAMPION

J’étais le neuvième de onze enfants. J’ai grandi à Detroit, dans le Michigan. Aussi loin que je puisse m’en souvenir, ma mère et mon père étaient séparés. Ma mère travaillait beaucoup comme femme de ménage afin de subvenir à nos besoins.

J’ai toujours été doué pour le sport. Comme j’avais du mal à apprendre à lire et à écrire, être le plus rapide des gamins du quartier ou le meilleur joueur était très important à mes yeux. C’était un tremplin dans la vie.

À l’école secondaire, j’ai tout de suite bien réussi en sport. Trois années de suite, en 1959, 1960 et 1961, j’ai été sélectionné pour faire partie de l’équipe d’athlétisme des États-Unis. Ma spécialité était le 200 mètres. J’ai également été sélectionné deux ans de suite dans l’équipe américaine de football et de basket-ball.

Normalement, il n’aurait pas été question pour moi d’aller à l’université. Mais les universités cherchaient maintenant à s’attacher mes services. J’ai visité différents campus universitaires dans tous les États-Unis, et plusieurs universités ont cherché à m’attirer par des cadeaux. C’est pourquoi, alors que ma famille était très pauvre, j’avais de l’argent plein les poches et je roulais en cadillac. Mon permis de conduire m’a été donné dans une salle de restaurant, alors que je n’avais passé aucune épreuve de conduite. C’était une des universités voisines qui avait arrangé tout cela, espérant ainsi me recruter.

Pourtant, je me suis inscrit dans une autre université, celle de l’Arizona. J’ai rapidement acquis une grande renommée dans le monde de l’athlétisme. Au cours de ma deuxième année d’université, j’ai battu le record du monde du 200 mètres. Les chefs d’État désiraient me rencontrer et me serrer la main. Par exemple, à Moscou, j’ai rencontré Nikita Khrouchtchev. Mais toute cette gloire, tous ces voyages pour courir sur les pistes du monde entier me paraissaient irréels.

À mon retour dans l’Arizona, j’ai bénéficié d’un traitement de faveur, uniquement parce que j’étais un coureur très rapide. Des gens, que les athlètes appelaient “papas gâteaux”, me couvraient de cadeaux. Je recevais tout le temps de l’argent et de nouveaux vêtements, et j’avais une voiture. J’envoyais souvent de l’argent chez moi pour aider ma famille. Bien sûr, j’aimais ces faveurs et cette attention pour moi. Mais je savais que ce n’était pas bien. Normalement, j’étais un athlète amateur. Je ne devais donc pas recevoir d’argent. Mais les choses étaient ainsi.

DES INJUSTICES

Bien que mes dons athlétiques m’aient valu beaucoup d’honneurs, juste un mois avant d’aller à Tokyo, j’ai pourtant été chassé d’un motel du sud des États-Unis parce que j’étais Noir. La patronne me cria : “Nous ne servons pas les gens comme vous.” Il était tard. Tout ce que je voulais, c’était une chambre pour passer la nuit.

À peu près à la même époque, des Blancs ont assassiné des militants noirs dans le Mississippi. Dans le Sud, on a lâché les chiens sur les Noirs, uniquement parce qu’ils réclamaient une meilleure instruction. Cependant, mes voyages dans le monde entier m’ont convaincu que l’injustice règne partout. Certaines libertés individuelles, qui sont garanties aux États-Unis, ne sont pas accordées dans d’autres pays.

J’étais très touché par les souffrances des hommes. Mais que pouvais-​je faire ? Je me rendais compte qu’aux États-Unis les problèmes n’étaient pas seulement d’ordre racial. Si les Noirs étaient au pouvoir, il leur arriverait de traiter leurs frères noirs aussi injustement que le font les Blancs. Le bon sens me disait que je ne pouvais rien changer à la situation. J’ai donc décidé de ne pas compromettre mon avenir en me mêlant de ces problèmes.

À cette époque-​là, tout allait bien pour moi. Quand j’étais enfant, nous étions si pauvres qu’il m’arrivait d’aller au lit le ventre vide. Je ne voulais pas que cela se reproduise. J’ai donc appris les bonnes manières et à être très conciliant, le genre d’homme que le présent système affectionne. On me disait souvent : “Si vous gagnez aux Jeux Olympiques, vous n’aurez aucun souci à vous faire. Telle ou telle société importante vous engagera parce que vous serez un héros.” Tout ce que je désirais, c’était éviter les ennuis et gagner aux Jeux Olympiques de Tokyo.

Certains disaient que j’étais un coureur d’“instinct”, “le coureur le plus facile depuis Jesse Owens”. Mais j’ai dû travailler dur pour améliorer mes performances. Je menais un combat pour devenir le meilleur. Toutefois, je me disais que si une victoire aux Jeux Olympiques devait m’apporter tout ce qu’on m’avait dit, ce combat en valait la peine.

De toute ma vie, je n’ai jamais été aussi contracté que le jour où nous étions sur la ligne de départ pour la finale des Jeux.

LA FINALE

Je me suis placé dans les blocs de départ à la ligne sept. Ma tactique était de sortir du virage en tête, afin d’obliger mes adversaires à faire un effort supplémentaire pour tenter de me rattraper. En effet, on ne peut atteindre le maximum de ses possibilités si on ne court pas décontracté.

Le starter annonça : “À vos marques ! Prêts !” Puis ce fut le coup de pistolet : “BANG !” Je pris un excellent départ. À la sortie du virage, je me disais : “Ça a marché. Je suis en tête. Je vais gagner.” Je ne voyais qu’une chose : la ligne d’arrivée. Je levais les jambes bien haut pour faire de longues foulées. Je franchis enfin la ligne d’arrivée. J’avais gagné.

J’étais comme dans un autre monde. Tout semblait figé sur place. Mon émotion était extrême. J’avais battu le record olympique et j’aurais sans doute battu mon record du monde si le vent n’avait pas été contraire.

Quand je suis monté sur le podium, à la place du vainqueur, alors que retentissait l’hymne américain, j’aurais voulu être fier d’avoir réalisé cet exploit pour mon pays. J’étais heureux de voir des milliers de gens se réjouir de ma victoire. Mais, dans le même temps, je me rendais compte combien tout cela était artificiel. Pourquoi ? Parce que les injustices qui indignaient les gens avant que je monte sur le podium existaient toujours.

Je me disais : “Que vais-​je devenir maintenant que tout est fini ? Que feront ceux qui m’ont soutenu jusqu’à aujourd’hui ? Vont-​ils m’abandonner ? Quel genre d’emploi vais-​je trouver ?” J’étais tout à la fois heureux, angoissé et en colère.

Quand je suis rentré au village olympique, j’ai examiné pour la première fois ma médaille d’or. Ce n’était pas ce que je croyais. Ce n’était qu’une grande pièce en argent représentant un dollar. Alors je me suis dit : “Quel monde ! J’ai travaillé dur pendant des années uniquement pour cela.” J’étais furieux, alors que j’aurais dû me réjouir. Quelle déception !

Quelques jours plus tard, j’ai participé au relais quatre fois 400 mètres. J’ai couru le dernier parcours, et nous avons gagné une nouvelle médaille d’or. Nous avons établi un nouveau record olympique, qui était aussi un nouveau record du monde. Après avoir participé à quelques réunions d’athlétisme en Australie, je suis rentré aux États-Unis.

FRAPPÉ PAR LA RÉALITÉ — les conséquences

Sur le chemin du retour, je réfléchissais à la nouvelle orientation que j’allais donner à ma vie ; j’étais décidé à chercher un emploi et à fonder une famille. Toutefois, j’ai d’abord accompagné les autres membres de l’équipe olympique à la Maison blanche, où j’ai reçu les félicitations du président Johnson.

Je m’attendais à ce qu’on me propose différents emplois parmi lesquels je pourrais choisir. Quoi de plus naturel, puisque depuis des années c’était ce que l’on me promettait, si je remportais une victoire pour mon pays aux Olympiades. Mais ce n’étaient que vaines promesses. Partout où je me présentais, on n’attachait aucune importance au fait que j’étais un champion olympique. Certes, on était disposé à parler des Jeux, mais dès que je sollicitais un emploi, on me faisait comprendre que je n’étais qu’un Noir, qui n’avait pas sa place dans l’entreprise. Naturellement, cela me rendait amer.

Quelques mois se passèrent. Puis un jour, j’ai reçu un appel téléphonique ; on me demandait si le football professionnel m’intéressait. Je n’avais pas joué depuis deux ans, car je n’avais fait que de l’athlétisme. Toutefois, comme je désespérais de trouver un travail, j’ai répondu par l’affirmative. Les New York Giants m’ont alors engagé, du fait que j’étais un coureur rapide.

J’ai travaillé avec l’énergie du désespoir et je suis devenu la vedette de l’équipe. Tout a très bien marché pendant trois ans, et j’ai même été capitaine de la défense. Un chroniqueur sportif a déclaré à mon sujet : “Depuis qu’il joue avec les New York Giants, Carr est devenu un des meilleurs arrières de la Ligue.”

Juste trois matchs avant la fin de ma troisième saison, j’ai été blessé au genou. L’entraîneur m’a alors dit que l’année était finie pour moi. Mais un peu plus tard, le médecin est venu me voir pour me faire savoir que les directeurs sportifs voulaient que je joue. Une vive discussion s’éleva au sujet de la gravité de ma blessure, d’autant que, quelques mois auparavant j’avais été mêlé à une polémique qui s’était déclenchée à propos des membres de couleur de notre équipe. À la suite de cela j’ai été cédé à une autre équipe à la fin de la saison. Le bruit courait que j’étais un fauteur de troubles, incapable de jouer une fois blessé. J’ai rencontré les mêmes problèmes dans ma nouvelle équipe. J’ai donc donné ma démission, bien que l’année précédente m’eût rapporté 27 000 dollars (130 000 francs français actuels).

UN PERDANT

En vain j’ai cherché un emploi convenable. Finalement, j’ai investi des capitaux dans la fabrication des hamburgers, et cela fut un échec. J’avais l’impression qu’on me considérait comme un raté qui a perdu tous les atouts qu’il possédait au départ.

J’étais démoralisé. Je perdais le goût de vivre. Je me suis mis à fumer de la marijuana chaque jour, rêvant au moyen de remonter la pente. Ma femme cherchait à m’aider, mais sans résultat. Finalement, je me suis dit que ma famille (nous avions deux enfants) serait plus heureuse sans moi ; je quittais donc les miens.

Je ne tardais pas à toucher le fond ; je me suis mis à fréquenter les revendeurs de drogue et les prostituées, et j’ai commencé à jouer et à prendre de la cocaïne. Ayant grandi dans un ghetto de Detroit, je connaissais la plupart de ceux que j’avais choisis pour compagnons. Ils m’ont vite adopté comme l’un des leurs et ont fait de moi un revendeur de drogue.

Au bout de quelques mois, j’ai fait un retour sur moi-​même. Je me suis alors rendu compte que j’avais pratiqué les choses mêmes que je détestais. Je sombrais dans le cafard. Je ne savais que faire ni vers qui me tourner. Comme j’avais la Bible, je me suis mis à la lire, mais je n’y comprenais rien. Je décidais donc de rentrer chez moi.

JE TROUVE LA VRAIE VIE

Ma femme se montra compréhensive, et je lus dans les yeux de mes enfants que je leur avais vraiment manqué. Je trouvais un emploi dans une maison pour jeunes délinquants ; malheureusement on ne tarda pas à parler de déficit budgétaire, ce qui signifie que j’allais être congédié. Aveuglé par l’orgueil, je m’abîmais de nouveau dans le désespoir. Avec l’accord de ma femme, j’ai vendu quelques-uns de nos biens pour monter une agence de publicité. J’avais pour associé un dessinateur de talent et je m’occupais des relations publiques. Je n’étais pas un inconnu et les gens me reconnaissaient. Notre affaire a donc prospéré ; je me rendais régulièrement à New York où je m’étais fait une clientèle. Un jour, en rentrant chez moi, ma femme me demanda la permission d’étudier la Bible avec les Témoins de Jéhovah. Je n’en voyais pas la raison. Elle me dit alors que les parents de l’un de ses élèves (elle était institutrice) lui avaient remis le livre La vérité qui conduit à la vie éternelle, et qu’une collègue lui avait conseillé de s’adresser aux Témoins de Jéhovah au cas où elle se poserait des questions sur la Bible.

Récemment nous avions parlé religion ensemble, car notre fils aurait bientôt l’âge d’aller à l’école et il nous semblait important qu’il reçoive une instruction religieuse. Mais nous n’avions pas parlé des Témoins de Jéhovah. Tout ce que je savais, c’est qu’on les considérait plutôt comme des originaux sur le plan religieux. Néanmoins, si ma femme voulait étudier avec eux, je n’y voyais pas d’inconvénient.

Je travaillais environ douze heures par jour, et à mes moments de loisir ma femme me parlait des choses qu’elle apprenait. Un peu plus d’une semaine s’écoula, et le mari de la personne qui étudiait avec ma femme me rendit visite.

QUELQUES SUJETS DE RÉFLEXION

Ce Témoin m’a expliqué comme il ferait bon vivre sur la terre si seulement les gens pouvaient s’entendre. J’étais tout à fait d’accord. Alors il poursuivit en disant : “N’est-​il pas évident que Dieu ne peut être l’Auteur des maux que connaît aujourd’hui notre monde ?” Je marquais ma surprise et lui rétorquais : “Si Dieu n’en est pas l’Auteur, à qui faut-​il les attribuer ?”

“À Satan le Diable”, m’a-​t-​il répondu, et à mon grand étonnement il a ouvert la Bible pour me lire II Corinthiens 4:4: “Le dieu de ce système de choses a aveuglé l’esprit des incrédules, de peur que ne les éclaire l’éclatante lumière de la glorieuse bonne nouvelle, au sujet du Christ, qui est l’image de Dieu.”

Le Témoin m’a expliqué que Satan est “le dieu de ce système de choses”. Et lorsqu’il a attiré mon attention sur les terribles injustices commises dans le monde, j’ai compris la logique de ce raisonnement. “Ainsi, me dit-​il, le monde appartient à Satan qui exerce une influence sur les hommes.” Je saisis alors le sens de ces paroles de Jésus : “Le chef de ce monde sera jeté dehors.” — Jean 12:31.

De toute évidence, les hommes ne peuvent se débarrasser de cet esprit puissant, Satan le Diable, mais Dieu, lui, peut l’éliminer. Et c’est ce qu’il fera, de sorte que la terre soumise à la domination du Royaume de Dieu connaîtra la paix. Alors sera réalisé le dessein divin. Cela me paraissait raisonnable. Il y avait là matière à réflexion.

JE PRENDS LA BONNE DÉCISION

Ce Témoin est revenu chez nous à plusieurs reprises, et lorsque j’étais là, nous discutions ensemble de la Bible. Je commençais vraiment à croire aux choses que j’apprenais car elles étaient fondées sur la Parole de Dieu. Par exemple, je ne savais pas que Dieu avait un nom ; pourtant, au Psaume 83:18, il est dit que son nom est JÉHOVAH. Quelle joie d’apprendre toutes ces choses !

Toutefois, je commençais à m’inquiéter de ce que, selon la Bible, Satan est le dieu du présent monde. D’autant que les Écritures disent également que les disciples du Christ ne font pas partie du monde (Jean 17:14-16). Cela me gênait pour la bonne raison que je faisais de la politique ; en effet, le principal client de mon agence se trouvait en tête de liste des candidats noirs pour les élections municipales de Detroit.

Un jour, j’ai dit au Témoin : “Je sais que vous êtes sérieux et que vous cherchez à m’aider. Mais je suis trop pris par mes affaires ; je ne veux pas que vous vous dérangiez pour rien.”

Peu de temps après, j’ai été gravement blessé au dos et il a fallu m’hospitaliser. Les Témoins venaient me visiter et me portaient un intérêt sincère. Je pensais : “Ces gens ignorent tout de moi. La seule chose qu’ils savent, c’est que je suis le mari de Glenda. Et pourtant, ils se montrent bons envers moi.” J’avoue que cela me plaisait.

Entre-temps, certains changements s’étaient opérés chez ma femme. Par exemple, elle se faisait beaucoup de soucis au sujet d’une femme Témoin qui venait de perdre sa petite fille. Je pensais : “C’est la première fois que je la vois ainsi. Pourquoi cuisine-​t-​elle pour cette personne et va-​t-​elle chez elle pour l’aider ?” Cloué sur mon lit d’hôpital, je réfléchissais.

Pendant ce temps-​là, notre agence de publicité périclitait. Nous étions maintenant quatre à nous en occuper, mais il fallait que je sois là pour faire marcher les affaires. À ma sortie de l’hôpital, la situation était telle que les trois autres avaient tout abandonné. Une fois de plus je perdais gros financièrement.

Toutefois, je savais quel genre d’homme je désirais être : Je voulais aimer, être aimé et heureux. Ayant noté le changement d’attitude de ma femme, je décidais de changer moi aussi. Cette pensée s’imposait à mon esprit : Comme Satan est le dieu du présent système de choses, j’ai besoin d’aide pour résister à son influence. Aussi, une fois sorti de l’hôpital, je demandais une étude biblique au Témoin avec qui j’avais eu plusieurs discussions.

JE CHANGE D’ATTITUDE

Je commençais donc à étudier la Bible en décembre 1972, et dès le début j’ai fréquenté la Salle du Royaume. Tous me portaient de l’intérêt et étaient heureux de me voir. Quant à ma femme, son visage resplendissait, tant elle était heureuse de me voir là. Je me souviens qu’un jour, un orateur a dit que le mari est le chef de sa maisonnée et qu’il doit donner l’exemple. Je pensais alors : “C’est ce qu’a fait ma femme ; elle a étudié avec les enfants, les a emmenés aux réunions, a prié avec eux, et moi, je n’ai pris aucune part à tout cela.”

La semaine suivante les enfants étant malades, ma femme me dit : “Tu vas rester avec les enfants pendant que je vais à la réunion.” Elle ne pensait pas que j’avais, moi aussi, l’intention d’y assister. Je lui dis donc en la regardant bien en face : “C’est moi qui dois donner l’exemple ; aussi, tu vas rester à la maison avec les enfants.”

Elle n’en croyait pas ses oreilles, mais je suis certain que ma remarque lui a fait plaisir. Quant à moi, j’étais heureux et fier, car je commençais à assumer mes devoirs de chef de famille. Dès lors, je n’ai pratiquement jamais manqué les réunions ; elles m’ont aidé à opérer les changements qui ont rendu les miens heureux.

Sur ces entrefaites, j’ai trouvé le travail qui m’a toujours plu, à savoir directeur de la publicité pour un journal. J’étais très occupé et je me déplaçais beaucoup ; comme je connaissais un tas de gens, je n’ai pas tardé à entrevoir le moyen d’avoir de l’avancement. D’ailleurs, on m’a fait plusieurs propositions d’emplois annexes. Mais je continuais à fréquenter les réunions et ce que j’y apprenais m’aidait à changer ma vie.

Par exemple, sachant que les drogues “dures” ont des effets nuisibles sur l’organisme, je les avais supprimées. Toutefois, je continuais à fumer de la marijuana. L’idée ne m’était pas venue que c’était là une pratique vraiment mauvaise, car elle était très courante. Mais lors d’une réunion, il a été démontré qu’il est contraire aux Écritures de fumer. La Bible dit : “Purifions-​nous donc de toute souillure de la chair et de l’esprit.” Il ne faisait aucun doute que je devais renoncer à la marijuana si je voulais plaire à Jéhovah Dieu. — II Cor. 7:1.

Lors d’une autre réunion, il a été souligné que l’adultère est condamnable. La Bible déclare : “Que le mariage soit honoré chez tous et le lit conjugal sans souillure, car Dieu jugera les fornicateurs et les adultères.” (Héb. 13:4). J’ai alors compris qu’il me faudrait apporter d’autres changements dans mon mode de vie.

Je désirais plaire à Dieu, aussi j’allais me confier à lui dans la prière pour qu’il m’aide à résoudre ces problèmes. C’est alors que j’ai lu un article de La Tour de Garde qui mettait l’accent sur la nécessité d’être toujours véridique avec Jéhovah. Je lui ai donc confessé du fond du cœur que j’avais aimé ces pratiques mauvaises, que je les avais même recherchées, mais que désormais je ne souhaitais qu’une chose : lui plaire. Ainsi, grâce à une entière confiance en Jéhovah avec qui je me suis montré sincère, j’ai pu renoncer à ces mauvaises habitudes. En fait, abandonner la marijuana ne m’a pas été aussi difficile que je le croyais.

J’étais vraiment heureux ; je commençais à avoir un but dans la vie. Mes enfants se sont mis à se confier en moi. Nous aimions tous Jéhovah et appréciions les réunions. C’était merveilleux ! Rien ne me procurait plus de joie que ces changements intervenus dans notre vie familiale.

J’étais convaincu que nous avions trouvé la vérité, et je pensais que tous mes amis — qui éprouvaient bien des déboires et bien des difficultés et qui s’enfonçaient dans l’immoralité, — seraient, eux aussi, contents de la connaître. Mais pas même un seul ne l’a acceptée. Au contraire, ils se sont moqués de moi, m’appelant “le prédicateur”. “Voilà le prédicateur”, disaient-​ils.

Ainsi, je me suis rendu compte que ces gens du monde n’étaient vraiment pas mes amis. Désormais, ce sont ceux qui aiment Dieu que je choisirais comme amis. Et pour symboliser l’offrande de notre vie au service de Jéhovah, ma femme et moi avons été baptisés le 20 mai 1973.

Plus que tout autre chose, je chéris mes bonnes relations avec Dieu, avec les miens, et avec mes frères dans la foi. Mon travail était intéressant et bien rémunéré, malheureusement il entrait en concurrence avec mon culte et m’obligeait à avoir de mauvaises fréquentations, sans compter les nombreuses tentations auxquelles il m’exposait. Or, la Bible dit : “Les mauvaises compagnies gâtent les saines habitudes.” (I Cor 15:33). Après mûre réflexion, je quittais donc mon emploi de directeur de la publicité au journal, bien qu’il réalisât toutes mes espérances.

PAUVRE MATÉRIELLEMENT MAIS RICHE SPIRITUELLEMENT

Un Témoin de la congrégation m’a embauché comme peintre. Mon salaire était modeste mais j’étais heureux. Je n’avais plus à jouer un personnage. Mon seul désir était de servir Jéhovah. Pour moi, son existence ne faisait aucun doute et je savais qu’il redresserait toutes les injustices. Ma conviction était fondée sur la réalisation des prophéties et sur le pouvoir de la Bible de transformer les vies.

Après une grande assemblée tenue en 1973, j’ai dit à ma femme : “Je devrais être pionnier (prédicateur à plein temps).” Comme nous avions encore des biens à vendre, il n’y avait aucun empêchement à ce que j’entreprenne ce service ; c’est ce que j’ai fait.

Quelque temps plus tard, je me suis dit que nous serions plus utiles si nous allions là où les prédicateurs du Royaume sont moins nombreux. Sur ces entrefaites, j’ai reçu un coup de téléphone de Fred Cooper, avec qui j’avais été au collège. Il avait appris que j’étais devenu Témoin. Fred est un des anciens dans une congrégation de Georgie. Je lui fis part de mon désir d’aller là où le besoin est plus grand. Pour finir, nous avons vendu la maison et nous nous sommes installés en Georgie.

J’étais vraiment heureux dans le service de pionnier ; malheureusement, en mai 1975 j’ai dû y renoncer, d’une part à cause de l’état de mon dos, et d’autre part, parce qu’il me fallait travailler pour subvenir aux besoins de ma famille. Néanmoins, en septembre j’ai été nommé ancien dans la congrégation locale. Maintenant, ma femme et moi enseignons dans une école primaire. Certes, nous sommes plutôt pauvres matériellement, mais nous sommes riches spirituellement, ce qui est bien plus important.

Mon fils s’intéresse lui aussi aux choses spirituelles. Il lit la Bible et nos manuels bibliques. Il y a environ un an et demi, il était alors âgé de sept ans, il m’a demandé s’il pouvait participer à l’École théocratique. Mon cœur a alors bondi de joie. À son âge, je ne m’intéressais qu’aux sports et ma seule ambition était de devenir une grande vedette sportive. Ainsi, Peyton aurait pu insister pour que je l’autorise à faire partie d’une équipe quelconque.

CE QUI ENNOBLIT VRAIMENT LA VIE

Le sport est une bonne chose lorsqu’il occupe la place qui lui convient. Dès le début, la compétition est décevante. Les athlètes sont considérés comme des êtres à part, aussi sont-​ils idolâtrés ; ils ne sont pourtant pas différents du commun des mortels. On incite les jeunes à exceller dans les sports, mais tout cela n’est en réalité qu’une affaire d’argent. Sans compter le tort que l’on fait à ces jeunes en exerçant sur eux des pressions pour qu’ils soient les meilleurs, alors que la plupart d’entre eux n’en ont pas les aptitudes.

Et même le meilleur est déçu. Pourquoi cela ? Eh bien, parce que sa gloire est éphémère ; elle ne procure donc pas une véritable satisfaction. Une vedette succède à une autre vedette et tombe généralement dans l’oubli. Puis ce sont la déception, la dépression et les problèmes de santé.

Au lieu d’entrer en compétition avec les autres pour être le meilleur, il est de beaucoup préférable d’aider et de servir ses semblables ; c’est cela qui procure le vrai contentement. Jésus a agi de la sorte ; il ‘est venu, non pas pour être servi’. (Mat. 20:28.) Oui, c’est le désintéressement et l’amour qui unissent une famille, une congrégation, et c’est cela qui ennoblit et non pas le combat pour être le meilleur.

[Illustration, page 645]

“Je reçois une autre médaille d’or.”

[Illustration, page 646]

“Les New York Giants m’engagent.”

[Illustration, page 649]

“Je commence à étudier la Bible avec les miens.”

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