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  • Maris et femmes parlent-ils vraiment un langage différent?
    Réveillez-vous ! 1994 | 22 janvier
    • Maris et femmes parlent-​ils vraiment un langage différent?

      GUILLAUME, l’air accablé, pénètre d’un pas lourd dans le bureau de Jean-Louis. Levant vers son collègue un regard amical, ce dernier attend qu’il parle. “Je ne sais pas si je vais arriver à conclure cette affaire, soupire Guillaume; il y a tellement d’obstacles imprévus. Et la direction qui n’arrête pas de me relancer!” “Pourquoi t’inquiètes-​tu, Guillaume? le rassure Jean-Louis. Tu sais bien que tu es le mieux placé pour ce travail, et, eux aussi, ils le savent! Prends ton temps, voilà tout. Tu crois que c’est dramatique? Regarde, moi, pas plus tard que le mois dernier...” Et Jean-Louis de raconter les détails amusants d’un petit échec personnel. Quelques instants plus tard, Guillaume quitte le bureau, le sourire aux lèvres, réconforté. Jean-Louis est très heureux d’avoir pu remonter le moral à son ami.

      En rentrant chez lui, ce jour-​là, Jean-Louis s’aperçoit que sa femme, Barbara, semble, elle aussi, abattue. La saluant avec plus de gaieté que de coutume, il attend qu’elle dise ce qu’elle a sur le cœur. Un silence pesant s’installe, puis elle se décide. “Je n’en peux plus, lâche-​t-​elle. Ce nouveau patron, c’est un vrai tyran!” Jean-Louis la fait asseoir et, lui passant le bras autour des épaules, il lui dit: “Voyons ma chérie, il ne faut pas te mettre dans cet état! Ce n’est qu’un travail après tout. Les patrons sont comme ça, tu sais. Tiens, tu aurais dû entendre le mien fulminer toute la journée. Maintenant, si tu trouves que c’est trop difficile, tu n’as qu’à démissionner.”

      La réponse jaillit, cinglante: “Tu te moques bien de ce que je peux ressentir! Tu ne m’écoutes jamais. Démissionner? Je ne peux pas démissionner! Tu ne ramènes pas assez d’argent!” Sur ces mots, Barbara court s’enfermer dans sa chambre pour pleurer tout son soûl, laissant son mari, abasourdi, planté devant la porte close à se demander ce qui vient de se passer. Pourquoi les paroles de réconfort de Jean-Louis ont-​elles eu des effets si différents sur Guillaume et sur Barbara?

      Fossé des genres?

      Certains attribueront cette différence de réaction à un seul fait: Guillaume est un homme; Barbara est une femme. Des linguistes pensent que les difficultés de communication entre mari et femme tiennent souvent à la différence de genre. Des ouvrages comme Décidément, tu ne me comprends pas! et Les hommes sont de Mars, les femmes de Vénus (angl.) défendent l’idée selon laquelle les hommes et les femmes, tout en parlant le même langage, ont des modes de communication distincts.

      Quand il a créé la femme à partir de l’homme, Jéhovah ne s’est manifestement pas borné à réaliser une copie légèrement modifiée du modèle. Avec beaucoup de subtilité et de délicatesse, il a fait en sorte que l’homme et la femme se complètent l’un l’autre sur les plans physique, affectif, mental et spirituel. Sur ces différences innées viennent se greffer les apports complexes de l’éducation, du passé, ainsi que l’influence de la culture, de l’environnement et de la conception qu’a la société de ce qui est masculin ou féminin. Eu égard à ces facteurs, il doit être possible d’isoler certains critères de communication propres aux hommes ou aux femmes. Cela dit, l’homme ou la femme “type” est difficile à cerner et n’existe peut-être que dans les livres de psychologie.

      Si la sensibilité est un trait typiquement féminin, cela n’empêche pas de nombreux hommes de montrer une grande douceur dans leurs rapports avec autrui. De même, on dira que la logique est une qualité plutôt masculine; pourtant, bien des femmes possèdent un sens aigu de l’analyse. Ainsi, il n’existe aucun trait de personnalité qui soit exclusivement masculin ou féminin. Mais une chose est sûre: savoir comment l’autre perçoit les choses peut faire toute la différence entre une cohabitation pacifique et la guerre ouverte. C’est particulièrement vrai dans le mariage.

      La communication au sein du couple est une prouesse au quotidien. Nombre de maris sagaces peuvent témoigner des dangers que recèle une question aussi innocente que “Comment trouves-​tu ma nouvelle coiffure?” Plus d’une femme diplomate a appris en voiture à ne plus poser continuellement la question “Pourquoi ne demandes-​tu pas ton chemin?” à son mari, qui ne trouve pas sa route. Plutôt que de considérer les “manies” de l’autre avec mépris, tout en s’accrochant obstinément aux siennes sous prétexte que l’“on est comme on est”, des conjoints qui s’aiment regarderont au delà des apparences. Non pour analyser froidement le mode de communication de l’autre, mais afin de plonger un regard attentionné dans son cœur et dans son esprit.

      Si chaque individu est unique, il en est de même de l’entité que forment deux personnes mariées. Puisque nous sommes imparfaits, une authentique communion des cœurs et des esprits ne peut être le fruit du hasard; elle réclame au contraire de grands efforts. Par exemple, il est facile de supposer que les autres partagent notre perception des choses. Souvent, nous comblons leurs besoins comme nous aimerions qu’ils satisfassent les nôtres, nous efforçant peut-être en cela de suivre la Règle d’or: “Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, vous devez, vous aussi, le faire de même pour eux.” (Matthieu 7:12). Toutefois, ces paroles de Jésus ne veulent pas dire que ce qui vous conviendrait sera nécessairement bon pour les autres. Ne souhaitez-​vous pas que les autres vous donnent ce que vous voulez ou ce dont vous avez besoin? Par conséquent, ce que vous devriez leur donner, c’est ce dont ils ont besoin. Pareille attitude est particulièrement importante dans le mariage, chaque conjoint s’étant engagé à satisfaire au mieux les besoins de l’autre.

      Barbara et Jean-Louis ont pris cet engagement il y a deux ans. Et depuis, ils sont heureux en mariage. Pourtant, même s’ils estiment se connaître assez bien l’un l’autre, des situations surgissent parfois qui révèlent un sérieux problème de communication que les bonnes intentions seules ne peuvent résoudre. “Le cœur du sage fait que sa bouche se montre perspicace”, lit-​on en Proverbes 16:23. La perspicacité est effectivement la clé de la communication. Voyons quelles portes elle ouvre dans le cas de Barbara et de Jean-Louis.

      La perception masculine

      Jean-Louis évolue dans un univers de compétition où chaque élément masculin doit assumer sa place dans la société, qu’il soit subordonné ou supérieur selon les cas. La communication lui sert à établir sa position, sa compétence ou sa valeur. Très attaché à son indépendance, il a tendance à rechigner quand on lui donne des ordres sur un ton péremptoire. Le message sous-entendu “Tu ne fais pas ton travail” le hérisse, même si la demande est logique.

      Jean-Louis converse essentiellement pour échanger des informations. Il aime parler de faits, d’idées et de choses qu’il a apprises.

      Quand il écoute, Jean-Louis interrompt rarement son interlocuteur, même par des “hmm! hmm! d’accord”, tout occupé qu’il est à emmagasiner les informations. Mais s’il n’est pas d’accord, il n’hésitera pas à le dire, surtout si c’est un ami qu’il a en face de lui. Il montre ainsi son intérêt pour le sujet, en explorant toutes les possibilités.

      Quand il rencontre des difficultés, il préfère trouver des solutions seul. Dans ces moments, il fait le vide autour de lui. Ou bien il se plonge dans quelque divertissement pour chasser temporairement le problème de son esprit. Il n’en parle que s’il cherche conseil.

      Si un homme qui a un problème vient le trouver, comme l’a fait Guillaume, Jean-Louis estime qu’il est de son devoir de l’aider, sans pour autant lui faire entendre qu’il est incompétent. En général, il agrémentera ses conseils de mésaventures dont il a lui-​même été victime, afin de montrer à son ami qu’il n’est pas le seul dans son cas.

      Jean-Louis aime les activités entre amis. Il conçoit la compagnie comme l’occasion de faire des choses ensemble.

      Il perçoit le foyer comme un refuge, un endroit hors de l’arène où il n’a plus à parler pour s’affirmer, où il est accepté, aimé, apprécié et où on lui fait confiance. Même ainsi, il éprouve parfois le besoin d’être seul, sans que Barbara y soit forcément pour quelque chose. Il a seulement besoin d’un peu de solitude. Il a du mal à confier ses craintes, ses incertitudes et ses peines à sa femme. Il ne veut pas qu’elle s’inquiète. Estimant qu’il lui appartient de prendre soin d’elle et de la protéger, il a besoin de sentir qu’elle lui fait confiance. Il attend son soutien, pas sa pitié. Autrement, il se sent incompétent ou inutile.

      La perception féminine

      L’univers de Barbara est celui des relations humaines. Pour elle, il est important d’établir et de renforcer ces liens, et la discussion est pour cela un moyen privilégié.

      Elle éprouve une dépendance naturelle vis-à-vis de son mari. Elle souhaite que Jean-Louis tienne les rênes de la famille, mais elle se sent aimée quand il lui demande son avis avant de prendre une décision. Quand elle-​même doit prendre une décision, elle consulte volontiers son mari, pas tant pour recevoir des conseils que pour lui témoigner sa confiance et marquer leur intimité.

      Barbara a beaucoup de mal à demander directement quelque chose. Elle ne veut pas harceler son mari ou lui donner l’impression qu’elle n’est pas heureuse. Elle préfère attendre qu’il remarque quelque chose ou glisser des allusions.

      Dans les conversations, Barbara s’arrête sur les menus détails et pose beaucoup de questions, comportement normal compte tenu de sa sensibilité et du grand intérêt qu’elle porte aux gens et aux relations humaines.

      Quand elle écoute quelqu’un, elle ponctue les propos de son interlocuteur d’interjections, de signes de tête ou de questions pour montrer qu’elle suit et s’intéresse à ce qui est dit.

      Elle s’efforce de déterminer intuitivement ce dont les gens ont besoin. Offrir son aide sans avoir été sollicitée est pour elle une belle marque d’amour. Barbara veut surtout aider son mari à progresser et à s’améliorer.

      Face à une difficulté, il lui arrive de se sentir submergée. Elle éprouve alors le besoin de parler, moins pour trouver une solution que pour exprimer ce qu’elle ressent. Elle a besoin de savoir que quelqu’un la comprend et se soucie d’elle. Sous le coup de l’émotion, elle peut être excessive dans ses propos. Le reproche “Tu ne m’écoutes jamais!” n’est pas à prendre au premier degré.

      La meilleure amie d’enfance de Barbara n’était pas la fille qui partageait ses activités, mais celle avec qui elle pouvait parler de tout. Dans le mariage, elle recherche donc moins les activités à l’extérieur du foyer qu’un auditeur capable de la comprendre et à qui elle puisse confier ce qu’elle ressent.

      Le foyer est un endroit où Barbara peut parler sans se sentir jugée. Elle n’hésite pas à révéler ses craintes et ses soucis à Jean-Louis. Elle n’a pas honte de lui demander de l’aide, car elle a la certitude que son mari est là pour prendre soin d’elle et qu’il se soucie assez d’elle pour l’écouter.

      En général, elle se sent aimée et protégée dans son mariage. Mais il arrive que, sans raison apparente, ce sentiment vacille, et il lui faut alors impérieusement de la compagnie et quelqu’un qui la rassure.

      Bien que complémentaires, Jean-Louis et Barbara sont donc très différents. Même si tous deux s’efforcent sincèrement de se témoigner un amour et un soutien mutuels, leurs différences peuvent porter en elles le germe de graves malentendus. Voyons comment chacun a perçu la scène de ménage décrite plus haut.

      La scène vue par chacun

      “À l’instant où j’ai franchi la porte, j’ai bien vu que Barbara n’avait pas le moral, se rappelle Jean-Louis. Je me suis dit qu’elle m’expliquerait ce qui n’allait pas quand elle en aurait envie. Le problème ne m’a pas semblé très grave. J’ai pensé qu’il suffirait de lui faire comprendre qu’il n’y avait pas de quoi se mettre dans cet état et que la solution était toute simple pour qu’elle se calme. Elle m’a fait beaucoup de peine quand elle m’a accusé de ne jamais l’écouter, alors que c’est précisément ce que je venais de faire. J’ai eu l’impression qu’elle me rendait responsable de toute sa détresse.”

      “La journée avait été catastrophique, explique Barbara. Je savais que Jean-Louis n’y était pour rien, mais quand il est rentré à la maison tout guilleret, j’ai eu l’impression qu’il faisait exprès de ne pas voir mon chagrin. Pourquoi ne m’a-​t-​il pas demandé ce qui n’allait pas? Quand je le lui ai expliqué, il m’a fait comprendre que j’étais une idiote, que tout cela n’était que broutilles. Au lieu de me dire qu’il me comprenait, il a fallu que M. Je-sais-tout trouve une solution au problème. Ce n’était pas de solutions que j’avais besoin, c’était de quelqu’un qui me comprenne.”

      Malgré ce que pourrait laisser supposer cette petite scène de ménage, Jean-Louis et Barbara s’aiment profondément. Comment la perspicacité pourrait-​elle les aider à mieux exprimer cet amour?

      En se mettant à la place de l’autre

      Jean-Louis a pensé qu’il serait indiscret de demander à Barbara ce qui n’allait pas. Il a donc fait pour elle ce qu’il aurait aimé que les autres fassent pour lui dans cette situation: il a attendu qu’elle s’ouvre et se confie. Désormais, Barbara n’était plus seulement triste à cause de sa dure journée, mais aussi parce que son mari semblait ne pas vouloir la réconforter. Loin de voir dans son mutisme une marque de considération et de délicatesse, elle l’a interprété comme de l’indifférence. Quand elle s’est décidée à parler, Jean-Louis l’a écoutée sans l’interrompre. Elle a alors eu l’impression qu’il n’était pas vraiment à l’écoute de ses sentiments. Pour finir, voilà qu’au lieu de se mettre à sa place il lui propose une solution. C’est comme s’il lui avait dit: ‘Tu as tort d’en faire tout un plat. Ta réaction est excessive. Regarde comme ce petit problème est facile à résoudre.’

      La situation n’aurait certainement pas dégénéré si chacun avait été capable de se mettre à la place de l’autre. Voici comment les choses auraient pu se passer:

      En rentrant à la maison, Jean-Louis trouve Barbara dans tous ses états. “Qu’est-​ce qui ne va pas, chérie?” lui demande-​t-​il doucement. Éclatant en sanglots, Barbara vide son cœur. Elle ne dit pas: “Tout ça, c’est ta faute!” ni ne laisse entendre à son mari qu’il n’en fait pas assez. Jean-Louis la prend dans ses bras et l’écoute patiemment. Quand elle a terminé, il dit: “Je suis désolé pour toi. Je comprends que tu sois si contrariée.” “Merci de m’avoir écoutée, lui répond Barbara. Je me sens beaucoup mieux maintenant que je sais que tu me comprends.”

      Malheureusement, au lieu de surmonter leurs différences, nombre de couples préfèrent divorcer. L’absence de communication fait des ravages dans beaucoup de foyers. Des disputes éclatent qui ébranlent le fondement même du mariage. Comment cela se produit-​il? L’article suivant l’explique et dit comment ne pas en arriver là.

  • Autopsie d’une dispute
    Réveillez-vous ! 1994 | 22 janvier
    • Autopsie d’une dispute

      ELLE a besoin d’exprimer ses sentiments. Il veut apporter des solutions. Si elles se comptent par millions et se déclinent sur tous les tons, les disputes conjugales ne sont souvent que des variations autour de quelques thèmes. Comprendre la façon différente dont votre conjoint perçoit les choses ou communique peut vous permettre de ramener ces violents incendies à l’état de tisons rougeoyants et de préserver le bonheur dans le foyer.

      “Arrête de régenter ma vie!”

      Le cliché de l’épouse dominatrice et harceleuse qui noie littéralement son mari sous les conseils, les questions inquisitrices et les critiques se vérifie parfois. La Bible évoque cette situation en ces termes: “Les disputes d’une épouse sont comme un toit qui laisse goutter l’eau et vous fait fuir.” (Proverbes 19:13). Une femme peut faire une requête à laquelle son mari ne donne pas suite pour des raisons qu’elle ignore. Pensant qu’il n’a pas entendu, elle la lui répète sous la forme, cette fois-​ci, d’une suggestion. Il se hérisse. Une femme envahissante, et un mari dominé par sa femme? Ou tout simplement deux personnes qui ne savent pas communiquer?

      Pour une femme, donner des conseils à son mari est la plus belle expression d’amour. Pour un homme, c’est régenter sa vie, prétendre qu’il est incompétent. “N’oublie pas ton porte-documents” est, dans sa bouche à elle, une simple marque d’attention, le désir de s’assurer que son mari a tout ce dont il a besoin. Lui a l’impression d’entendre sa mère, qui lui criait sur le seuil de la porte: “Est-​ce que tu as bien pris tes moufles?”

      Fatiguée, n’ayant plus le courage de préparer le repas, une femme demandera gentiment à son mari s’il n’a pas envie d’aller dîner en ville. C’est le moment que lui, plein de bonnes intentions, choisira pour louer ses talents de cordon bleu et lui assurer qu’il préfère sa cuisine à toute autre. Ou alors, il imaginera que sa femme essaie de le manipuler. D’un autre côté, une femme peut se dire, avec amertume: ‘Pourquoi est-​ce toujours à moi de proposer de dîner dehors?’

      “Tu ne m’aimes pas!”

      “Comment peut-​elle penser cela? s’exclamera le mari, désappointé et perplexe. Je travaille, je règle les factures, je lui offre même des fleurs de temps en temps!”

      Si tout le monde a besoin de se sentir aimé, la femme ressent le besoin particulier d’être constamment rassurée à ce sujet. Elle ne le dira peut-être pas, mais, intérieurement, elle aura parfois l’impression d’être un fardeau inutile, surtout lors des périodes de mélancolie liées à son cycle menstruel. Dans ces moments-​là, son mari sera tenté de prendre du recul, pensant qu’elle souhaite être un peu tranquille. Elle risque alors d’interpréter cette prise de distance comme une confirmation de ses pires craintes — il ne l’aime plus — et de se répandre en invectives, voulant forcer son mari à l’aimer et à la soutenir.

      “Qu’est-​ce qui ne va pas, chéri?”

      Un homme qui a des soucis est enclin à se retirer dans un coin tranquille pour réfléchir. Sa femme peut intuitivement sentir qu’il est tendu et chercher instinctivement à le sortir de l’isolement où il s’est volontairement placé. Aussi bien intentionnés ces efforts soient-​ils, le mari risque de les trouver importuns et humiliants. Alors qu’il cherche à s’isoler pour réfléchir à son problème, il voit, par-dessus son épaule, sa fidèle épouse qui ne le laisse pas un instant. Et puis cette voix insistante où perce l’amour: “Chéri, est-​ce que ça va? Qu’est-​ce qui ne va pas? Tu ne veux pas qu’on en parle?”

      S’il ne répond pas, sa femme risque d’en être blessée. Quand c’est elle qui a des soucis, elle tient à ce qu’ils en discutent tous les deux. Or, voilà que l’homme qu’elle aime lui tait ses sentiments. “Il ne doit plus m’aimer”, en conclura-​t-​elle. Dès lors, quand le mari, qui ne soupçonne rien, émerge de sa méditation, satisfait de la solution qu’il a trouvée, il trouve aussi, non plus l’épouse attentionnée dont il a refusé le concours, mais une femme irritée bien décidée à lui demander des comptes.

      “Tu ne m’écoutes jamais!”

      L’accusation lui semble ridicule. Il a l’impression qu’il ne fait que cela: écouter. De son côté, la femme a le sentiment très net que ses propos sont décortiqués et analysés comme par un ordinateur qui résoudrait un problème mathématique. Elle trouve une confirmation de ses soupçons quand, au beau milieu d’une phrase, il suggère: “Eh bien, pourquoi tout simplement ne pas...”

      Lorsqu’une femme parle de ses soucis à son mari, ce n’est généralement ni pour l’en rendre responsable ni pour lui demander une solution. Ce qu’elle cherche avant tout c’est une oreille attentive qui soit à l’écoute non seulement des faits, mais aussi de ses sentiments. Ce qu’elle attend donc, ce sont moins des conseils que de se sentir confortée dans ses sentiments. Voilà pourquoi plus d’un mari bien disposé s’est attiré les foudres de sa femme pour s’être borné à dire: “Trésor, tu ne devrais pas te mettre dans cet état. Ce n’est pas si grave que cela.”

      De nombreuses personnes mariées s’attendent à ce que leur conjoint lise dans leur esprit. “Nous sommes mariés depuis 25 ans, faisait remarquer un homme. Si elle ne sait toujours pas ce que je veux, c’est qu’elle ne s’intéresse pas à moi.” On lit dans un ouvrage sur les relations au sein du couple: “Quand des conjoints ne se disent pas ce qu’ils veulent et se reprochent constamment l’un l’autre d’avoir raté le coche, il ne faut pas s’étonner de voir l’amour et l’esprit de coopération disparaître au profit (...) d’une sorte de lutte pour le pouvoir, dans laquelle chacun essaie d’obliger l’autre à satisfaire ses besoins.”

      “Tu es complètement irresponsable!”

      Une femme ne dira peut-être pas les choses aussi crûment à son mari, mais elle peut clairement le lui laisser entendre par le ton de sa voix. La question “Pourquoi rentres-​tu si tard?” peut être prise comme une simple envie de savoir. Pourtant, l’attitude de madame, le regard accusateur et les mains sur les hanches, est explicite. C’est une manière de dire: “Tu te conduis comme un gamin irresponsable, j’étais inquiète! Pourquoi n’as-​tu pas téléphoné? Tu ne penses donc pas à moi! Maintenant, le dîner est gâché!”

      Pour le dîner, évidemment, elle a raison. Mais si une dispute éclate, leurs relations ne risquent-​elles pas, elles aussi, d’en pâtir? “La plupart des disputes n’éclatent pas à cause du désaccord par lui-​même, fait remarquer le professeur John Gray, mais parce que l’homme sent que sa femme désapprouve son point de vue ou que la femme n’aime pas le ton sur lequel il lui parle.”

      D’aucuns sont d’avis qu’au foyer chacun devrait se sentir libre de dire ce qu’il a sur le cœur, sans mâcher ses mots. C’est oublier qu’un bon communicateur s’efforce de trouver une entente et poursuit la paix, en tenant compte pour cela de ce que ressent son interlocuteur. C’est toute la différence qui existe entre offrir un verre d’eau fraîche à son conjoint et le lui jeter en pleine figure. Tout est dans la façon de dire les choses.

      L’application des paroles de Colossiens 3:12-14 dissipera les disputes et favorisera le bonheur dans le foyer: “Revêtez-​vous (...) des tendres affections de la compassion, ainsi que de bonté, d’humilité d’esprit, de douceur et de longanimité. Continuez à vous supporter les uns les autres et à vous pardonner volontiers les uns aux autres, si quelqu’un a un sujet de plainte contre un autre. Tout comme Jéhovah vous a pardonné volontiers, faites de même, vous aussi. Mais, en plus de tout cela, revêtez-​vous de l’amour, car c’est un parfait lien d’union.”

      [Illustration, page 9]

      Il s’appuie sur les faits, elle privilégie les sentiments.

  • Un foyer heureux où les deux font un
    Réveillez-vous ! 1994 | 22 janvier
    • Un foyer heureux où les deux font un

      SI VOUS deviez construire une maison solide et confortable dans laquelle vous vous sentiriez en sécurité, quels matériaux utiliseriez-​vous? Du bois? Des briques? De la pierre? Voici ce que préconise le livre des Proverbes: “C’est par la sagesse qu’une maisonnée s’édifiera, et par le discernement qu’elle s’avérera solidement établie. Et c’est par la connaissance que les chambres intérieures se rempliront de toutes les choses de valeur, choses précieuses et agréables.” (Proverbes 24:3, 4). Oui, il faut de la sagesse, du discernement et de la connaissance pour bâtir un foyer heureux.

      Mais qui bâtit? “La femme vraiment sage a bâti sa maison, mais la sotte la démolit de ses propres mains.” (Proverbes 14:1). Pareillement, l’homme sage comprend qu’il dépend de lui que son mariage soit solide et heureux, ou fragile et malheureux. Quels facteurs font la différence? Il est intéressant de constater que les suggestions faites par certains conseillers matrimoniaux rejoignent les sages conseils consignés depuis des millénaires dans la Parole de Dieu.

      Écoute: “L’écouter réellement est l’un des plus beaux compliments que vous puissiez faire à quelqu’un, déclare un manuel sur la vie conjugale. Écouter est essentiel pour nouer et entretenir des relations d’intimité.” “L’oreille des sages s’efforce de trouver la connaissance.” (Proverbes 18:15). Puisque des oreilles ouvertes ne se voient pas aussi visiblement qu’une bouche ou des yeux ouverts, comment pouvez-​vous montrer à votre conjoint que vous l’écoutez attentivement? L’un des moyens consiste à pratiquer l’écoute active. — Voir l’encadré ci-dessous.

      Transparence et intimité: “Notre culture va à l’encontre de la transparence, observe le livre Un contre un: guide des relations individuelles (angl.). On nous apprend très tôt à ne pas nous mêler des affaires d’autrui, à garder pour soi ce qui touche à l’argent, aux idées, aux sentiments, (...) à tout ce qui est personnel. Nous n’oublions pas cette leçon de si tôt, même quand nous tombons amoureux. À moins de se faire constamment violence pour favoriser la transparence, il ne peut y avoir d’intimité.” “Les plans échouent là où il n’y a pas d’entretiens confidentiels, lit-​on dans les Proverbes, mais dans la multitude des conseillers il y a réalisation.” — Proverbes 13:10; 15:22.

      Fidélité et confiance: Mari et femme se sont juré fidélité devant Jéhovah. Quand chacun a la conviction que l’autre lui est fidèlement attaché, l’amour n’est pas entravé par la suspicion, l’orgueil, l’esprit de compétition et la préoccupation de recevoir son dû.

      Partage: Les relations se resserrent quand on a des activités ensemble. Au fil des années, un couple tisse une inestimable toile de souvenirs chère au cœur de chacun. Déchirer ce tissu d’amitié est pour eux impensable. “Il y a tel ami plus attaché qu’un frère.” — Proverbes 18:24.

      Bonté et tendresse: Les actes de bonté atténuent les frictions et diluent l’orgueil. Des habitudes de gentillesse, si elles sont bien enracinées, demeurent intactes même quand les esprits s’échauffent en cas de différends, ce qui réduit les dommages. La tendresse crée un climat chaleureux dans lequel l’amour peut s’épanouir. Bien qu’un mari puisse avoir plus de mal à faire preuve de tendresse, la Bible n’en dit pas moins que “la chose désirable chez l’homme tiré du sol, c’est sa bonté de cœur”. (Proverbes 19:22.) Quant à la bonne épouse, “la loi de la bonté de cœur est sur sa langue”. — Proverbes 31:26.

      Humilité: Antidote au poison qu’est l’orgueil, l’humilité incite à s’excuser rapidement et à remercier souvent. Et si l’on vous accuse à tort? Pourquoi ne pas dire gentiment: “Je suis désolé que tu aies de la peine.” Montrez à votre conjoint que vous vous souciez de ses sentiments, puis, ensemble, voyez comment redresser ce qui ne va pas. “C’est une gloire pour l’homme que de renoncer à la contestation.” — Proverbes 20:3.

      Respect: “Pour admettre les différences de l’autre et les surmonter ensemble, un seul mot d’ordre: le respect. Ce qui est important aux yeux de l’un ne l’est peut-être pas autant au regard de l’autre. Cela ne doit cependant pas empêcher chaque conjoint de respecter le point de vue de l’autre.” (Comment préserver l’unité familiale dans un monde qui se désagrège [angl.]). “Par la présomption on ne fait que provoquer la lutte, mais la sagesse est chez ceux qui délibèrent.” — Proverbes 13:10.

      Humour: Un éclat de rire partagé peut dissiper les plus lourds nuages. L’humour resserre les liens d’amour et relâche la tension qui, souvent, empêche de penser sereinement. “Un cœur joyeux a un bon effet sur le visage.” — Proverbes 15:13.

      Don: Cherchez ce qu’il y a de bon chez votre conjoint et félicitez-​le généreusement. Ces compliments très appréciés vous vaudront sans doute plus de reconnaissance qu’une cravate en soie ou un bouquet de fleurs. Bien sûr, rien ne vous empêche de continuer à vous offrir des cadeaux et à avoir des attentions l’un pour l’autre. Toutefois, “le plus beau cadeau que vous puissiez faire, lit-​on dans le livre Des adultes équipés pour la vie (angl.), ne tient pas dans une boîte. Ce sont vos expressions d’amour et de reconnaissance, vos encouragements et votre soutien”. “Comme des pommes d’or dans des ciselures d’argent, telle est une parole dite en son temps.” — Proverbes 25:11.

      Si ces qualités sont les briques de l’entente conjugale, la communication en est le ciment. Dès lors, que faire lorsque des désaccords surgissent au sein du couple? “Au lieu de voir dans les points de vue différents de l’autre une source de conflit, (...) regardez-​les comme une source de connaissance. (...) Les détails de la vie quotidienne deviennent alors une véritable mine d’informations”, dit le livre Comment vivre l’amour dont vous rêvez (angl.).

      Par conséquent, considérez toute cause de désaccord, non comme un appel aux armes, mais comme une occasion précieuse de mieux connaître celui ou celle que vous aimez. Ensemble, relevez le défi qui consiste à surmonter vos différences, travaillez à la paix et à l’harmonie de votre couple, resserrant ainsi vos liens et consolidant l’amour qui fait de vous une seule chair.

      Jéhovah Dieu accorde une grande valeur à la coopération, comme en témoigne la part qu’il lui a donnée dans sa création. Citons le cycle de l’oxygène, auquel participent les plantes et les animaux, les orbites des corps célestes ou encore les relations symbiotiques entre les insectes et les fleurs. Dans le mariage aussi, il peut exister un tel cycle, quand le mari, par ses paroles et ses actes, donne à sa femme l’assurance qu’il l’aime, et que la femme, avec amour et confiance, se soumet volontiers à sa direction. C’est ainsi que les deux deviennent vraiment un, se procurant une joie mutuelle et réjouissant l’Auteur du mariage, Jéhovah Dieu.

      [Encadré, page 11]

      “Faites donc attention à la manière dont vous écoutez.” — Luc 8:18

      L’écoute active est une méthode qui permet à celui qui parle et à celui qui écoute de bien se comprendre. Elle consiste pour le second à essayer de refléter, comme un miroir, les mots qu’il entend et le sens qu’il leur donne. Voici les principales étapes:

      1. Soyez attentif; dégagez les messages importants.

      2. Percevez les sentiments dissimulés derrière les mots.

      3. Répétez ce que vous entendez. Ne jugez pas; ne critiquez pas; ne discutez pas. Montrez simplement à votre interlocuteur que vous avez reçu correctement le message. Reconnaissez le bien-fondé de ses sentiments.

      4. Votre interlocuteur confirmera ou corrigera probablement vos propos et vous donnera peut-être des précisions.

      5. Si vous avez mal compris, recommencez.

      L’écoute active est particulièrement utile pour réduire le cuisant d’une critique. Acceptez le fait que toute critique contient souvent une part de vérité. Elle est parfois formulée d’une manière blessante, mais au lieu de vous mettre sur la défensive et de piquer à votre tour son auteur, servez-​vous de l’écoute active pour détendre l’atmosphère. Dites que vous comprenez toute peine dont vous pourriez être responsable, et voyez comment arranger la situation.

      [Encadré, page 12]

      “Si quelqu’un a un sujet de plainte.” — Colossiens 3:13

      Comment formuler une plainte sans mettre le feu aux poudres? Tout d’abord, dites-​vous que votre conjoint était certainement bien intentionné. Peut-être a-​t-​il agi sans tact, de façon impétueuse, malavisée, mais vraisemblablement pas dans le but de vous nuire. Ensuite, d’un ton calme, exprimez ce que vous ressentez, sans porter d’accusation: “Quand tu as fait cela, je me suis dit...” Il n’y a là rien qui puisse enflammer la discussion. Vous dites simplement ce que vous ressentez, sans accuser. Puisque votre conjoint n’a sans doute pas eu l’intention de vous faire de la peine, il est possible qu’il nie ou cherche à se justifier. Cependant, concentrez-​vous sur le problème et soyez tout prêt à proposer une solution.

      [Illustration, page 10]

      L’écouter réellement est l’un des plus beaux compliments que vous puissiez faire à quelqu’un.

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