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Réveillez-vous ! 2001
g01 8/12 p. 24-27

Les colporteurs : des librairies ambulantes

DE L’UN DE NOS RÉDACTEURS EN FRANCE

AU SOMMET de la station de ski des Deux-Alpes, dans le sud-est de la France, un petit “ musée ” a ouvert ses portes il y a quelques années sous le dôme du glacier du Jandri. Parmi les sculptures en glace qui y sont exposées, il en est une qui rend hommage à un vieux métier de la montagne : elle représente un colporteur.

Pendant des siècles, les colporteurs sont allés de foire en foire et de maison en maison vendre les marchandises qu’ils ‘ portaient au col ’, c’est-à-dire autour du cou. Aujourd’hui, la plupart des gens n’en ont jamais entendu parler. Quant aux autres, ils les imaginent peut-être comme de “ petits ” marchands vendant de “ petits ” objets. En réalité, les colporteurs ont transmis un héritage qui a changé la vie de millions de personnes jusqu’à nos jours.

Les colporteurs : qui sont-​ils ?

Loin d’être de pauvres hères, de nombreux colporteurs sont des commerçants très organisés qui distribuent les produits les plus nouveaux à travers de vastes réseaux européens. Quelques-uns ne le font pas dans un but lucratif, mais en vue de propager leurs croyances. Certains le paieront de leur vie.

Il semble que le colportage soit apparu vers la fin du Moyen Âge. Les premiers colporteurs sont des montagnards originaires de l’arc alpin, des Pyrénées et des Hautes-Terres de l’Écosse. Beaucoup travaillent aux champs et endossent, une fois la moisson achevée, les habits de marchand itinérant.

L’un d’eux, un Français du XVIe siècle du nom de Jehan Gravier, habite avec sa famille dans le village alpin de La Grave. Les récoltes y sont maigres ; aussi Jehan boucle-​t-​il son budget en faisant le troc de produits de la montagne que réclament les villes de la vallée : bois, cuir, laine et sel. Comme lui, d’autres colporteurs apportent ces articles en ville et les échangent contre de la mercerie, des peignes, des lunettes, des livres, des remèdes, du tabac ou des gravures. Puis ils les revendent aux citadins et aux campagnards qui vivent loin des échoppes, une tournée qui amène certains d’entre eux à parcourir 20 kilomètres par jour. En leur absence, la parenté veille sur leurs champs et leur famille.

Toutefois Jehan Gravier ne vend pas que des bibelots. Des archives le présentent comme l’un des débiteurs de l’imprimeur Benoît Rigaud, ce qui atteste qu’il faisait, comme beaucoup d’autres colporteurs, commerce de livres. À son époque, celle de la Renaissance, l’industrie du livre est en plein essor. Entre 1500 et 1600, 140 à 200 millions d’ouvrages sont édités en Europe. La France en produit le quart. Lyon, sa capitale économique située au pied des Alpes, est l’un des plus grands centres d’édition européen et le chef de file du livre imprimé en français. Jehan ne manque donc pas d’ouvrages pour son commerce. Mais tandis qu’il vend, comme d’autres, pour son profit, un nouveau genre de colporteurs émerge, qui propage des écrits pour des raisons strictement religieuses.

Les ‘ contrebandiers de la foi ’

Depuis la naissance de l’imprimerie, les foules dévorent livres, brochures et tracts religieux. La Bible elle-​même est imprimée en latin, puis en langues vernaculaires. L’Allemagne en édite des millions d’exemplaires que les colporteurs, entre autres, diffusent rapidement dans les campagnes. Mais cela n’est pas du goût de tout le monde.

En France, le parlement de Paris interdit, en 1525, la traduction et, l’année suivante, la détention de bibles en français. Malgré cela, les bibles sortent des presses par milliers et circulent en contrebande dans tout le pays, grâce à l’opiniâtreté des colporteurs. L’un d’eux, un jeune homme du nom de Pierre Chapot, est arrêté en 1546 et exécuté.

Finalement, en 1551, la France catholique prend une mesure draconienne en interdisant aux colporteurs la vente d’ouvrages, car ils “ portent secrètement des livres venant de Genève ”, autrement dit des protestants. Mais cela ne suffit pas à endiguer le flot de bibles qui continuent de pénétrer en France de mille et une façons. Souvent de petite taille, les ouvrages sont dissimulés dans le double fond des barriques de vin, dans les tonneaux de châtaignes ou dans les cales des bateaux. Denis Le Vair, un homme courageux, est arrêté alors qu’il transporte un fût rempli de bibles. Lui aussi est exécuté. Un demi-siècle plus tard, un catholique hostile aux colporteurs reconnaîtra qu’à cause d’eux “ en peu de temps la France fut peuplée de Nouveaux Testaments en français ”.

Tout au long du XVIe siècle, ces ‘ contrebandiers de la foi ’, comme les appelle un rédacteur, vivent constamment dans le danger. Beaucoup sont arrêtés, envoyés en prison ou aux galères, bannis ou exécutés. Certains sont brûlés avec leurs livres. L’Histoire n’a retenu que peu de noms, mais ils sont une foule d’hommes courageux qui permirent à la plupart des foyers protestants d’acquérir une bible.

Des bibliothèques ambulantes

Au XVIIe siècle, l’Église catholique persiste à refuser au peuple le libre accès à la Bible. En échange elle offre, piètres substituts, des livres d’heures et des récits de la vie des saintsa. En revanche, les jansénistes, des catholiques aux vues “ hérétiques ”, prônent la lecture des Saintes Écritures. C’est pourquoi les colporteurs participent à la diffusion de la traduction janséniste des Écritures grecques (“ Nouveau Testament ”) récemment achevée par Lemaistre de Sacy.

Parallèlement, une littérature nouvelle très bon marché apparaît dans la hotte du colporteur. Elle alphabétisera, éduquera et distraira les Français jusqu’à sa disparition, au XIXe siècle. L’Angleterre l’appelle chapbooks, l’Espagne pliegos de cordel et la France “ bibliothèque bleue ” en raison de la couleur des couvertures. Il s’agit de romans de chevalerie, d’histoires populaires, de vies des saints et autres récits. On imagine aisément que le colporteur est très attendu, qu’il vienne en été comme les Pyrénéens ou en hiver comme les Dauphinois.

Les colporteurs répondent aux besoins des grandes comme des petites gens. Au XVIIIe siècle, une étude des paysans de Guyenne, province du sud-ouest de la France, fait cette constatation : “ Dans les longues soirées d’hiver, on lira, pendant une demi-heure, à toute la maison assemblée, quelques vies des saints ou un chapitre de la Bible. [...] Faute d’autre chose, [on lit] la Bibliothèque bleue et autres billevesées que des colporteurs voiturent annuellement dans les campagnes. ” La Bible est alors extrêmement répandue et on la trouve même dans les fermes les plus modestes.

Des réseaux organisés

Les colporteurs tissent des réseaux à travers les Alpes françaises et italiennes, les Pyrénées et la Normandie. Les Dauphinois maîtrisent à eux seuls un quart du marché du livre de l’Europe du Sud. Un libraire genevois de l’époque écrit : “ Le commerce de la librairie en Espagne et au Portugal, de même que celui de beaucoup de villes d’Italie, est tout entre les mains des Français, tous sortis d’un village situé [...] dans le Dauphiné. ”

Outre le fait qu’ils sont “ actifs, laborieux et extrêmement sobres ”, les colporteurs doivent leur succès à la solidité de leurs liens familiaux, sociaux et religieux. Beaucoup sont des protestants attachés à ceux des leurs qui se sont exilés lors des persécutions. Parents, compatriotes et coreligionnaires forment donc des réseaux efficaces à travers l’Europe. Le réseau des Gravier, par exemple, couvre la France, l’Espagne et l’Italie. D’autres atteignent la Perse et l’Amérique.

Le colportage biblique revivifié

Au XIXe siècle, la révolution industrielle porte un coup fatal à la grande tradition des familles colporteuses. En revanche, la création des sociétés bibliques relance la diffusion de la Bible comme jamais auparavant. L’Église catholique s’oppose toujours à la distribution de bibles. Jusque dans la dernière partie du XIXe siècle, les colporteurs bibliques sont harcelés et traînés devant les tribunaux. Malgré cela, entre 1804 et 1909, ils parviennent à distribuer, rien qu’en France, six millions de bibles, partielles ou complètes.

Cette œuvre d’enseignement biblique est alors loin d’être achevée. En 1881, la revue Phare de la Tour de Sion et Messager de la Présence de Christ (éditée aux États-Unis) lance aux chrétiens une invitation à participer à une activité d’évangélisation. Dans quel but ? “ Faire connaître la vérité en amenant les gens à lire. ” En 1885, environ 300 évangélisateurs ont répondu à l’appel et sont à l’œuvre. Certains voyagent jusqu’au bout du monde et se rendent à la Barbade, en Birmanie, en Finlande, au Guatemala, au Honduras et au Salvador. Quand la Première Guerre mondiale éclate, ils ont répandu la connaissance biblique en Allemagne, en Angleterre, en Chine, au Costa Rica, en France, en Norvège, en Nouvelle-Zélande, en Pologne, en Suède et en Suisse.

À leurs débuts, ces Étudiants de la Bible (connus à présent sous le nom de Témoins de Jéhovah) qui évangélisent à plein temps sont appelés colporteurs. Plus tard, le terme sera abandonné, car il n’évoque pas l’objectif premier de leur activité : l’enseignement biblique (Matthieu 28:19, 20). De plus, son sens ne correspond pas au caractère désintéressé de leur œuvre. C’est pourquoi les Témoins de Jéhovah qui évangélisent à plein temps sont aujourd’hui appelés pionniers.

L’année dernière, plus de 800 000 pionniers ont distribué abondance de bibles et d’écrits bibliques. Ils le font, non dans un but lucratif, mais “ avec sincérité, oui comme envoyés de Dieu, sous le regard de Dieu, en compagnie de Christ ”. (2 Corinthiens 2:17.) Les pionniers sont donc bien plus que des librairies ambulantes. Beaucoup de colporteurs n’en restent pas moins pour eux des exemples de zèle et de conviction.

[Note]

a Un livre d’heures renferme les prières de l’office divin récitées en l’honneur de Marie.

[Illustrations, pages 24, 25]

Les colporteurs apportaient les produits les plus nouveaux au domicile des gens.

Les colporteurs étaient très attendus.

[Indication d’origine]

© Cliché Bibliothèque nationale de France, Paris

[Illustrations, page 26]

Le “ Nouveau Testament ” par Lemaistre de Sacy et un livre de la bibliothèque bleue.

[Indications d’origine]

À gauche : © Cliché Bibliothèque nationale de France, Paris. Ci-contre : © B.M.V.R de Troyes/Bbl.390/Photo P. Jacquinot.

[Illustration, pages 26, 27]

Les évangélisateurs distribuaient des écrits bibliques.

[Illustration, page 26]

Aujourd’hui les évangélisateurs à plein temps enseignent gratuitement la Bible.

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