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  • g75 8/3 p. 24-26
  • Des pierres, du vent et des femmes

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  • Des pierres, du vent et des femmes
  • Réveillez-vous ! 1975
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Réveillez-vous ! 1975
g75 8/3 p. 24-26

Des pierres, du vent et des femmes

De notre correspondant en Corée

“NOUS avons beaucoup de choses belles et intéressantes dans notre île”, nous dit d’un ton assuré un habitant de l’île de Cheju. Un rapide coup d’œil autour de nous semble confirmer ses dires.

Dans cette Île, située à environ 150 kilomètres au sud-ouest de la pointe la plus méridionale de la Corée, les portes sont rarement fermées. Quand une famille quitte son foyer pour quelque temps, elle place un bâton en travers de la porte d’entrée, non pour empêcher les gens de pénétrer dans la maison, mais pour que les amis puissent voir de loin qu’il n’y a personne. Souvent les femmes travaillent dehors, laissant les hommes au foyer pour prendre soin de celui-ci et des enfants. Sur la côte sud poussent des mandariniers et des plantes semi-tropicales, et cependant, à une vingtaine de kilomètres plus loin, au sommet du mont Halla haut de 1 979 mètres, on peut trouver des plantes arctiques.

Sans nul doute, l’île de Cheju possède de nombreuses caractéristiques intéressantes, mais, ajoute notre interlocuteur, “il y a trois choses que nous avons en abondance — des pierres, du vent et des femmes”.

“Trois choses en abondance”

L’île ressemble à un gros rocher recouvert de quantité de pierres de formes différentes. La plupart de ces rocs remontent à l’époque où le mont Halla, au centre de l’île, était un volcan en activité qui vomissait des blocs de pierres de tous les côtés. Juste à l’ouest du mont Halla est située une curieuse vallée où plus de 500 pitons rocheux se dressent vers le ciel.

Il y a aussi une abondance de vent, qui souffle fort jour et nuit. “Mais, explique une jeune femme aux joues roses, nous n’avons pas de typhons destructeurs qui sont un fléau pour d’autres îles de la région.” D’ailleurs, précise rapidement notre hôte coréen, les femmes de Cheju ne se maquillent pas. Leurs joues roses sont “vraiment vraies”, souligne-​t-​il. “Elles sont dues à une bonne santé et au vent vif.”

L’île de Cheju a autre chose en abondance : un nombre disproportionné d’habitants du sexe féminin. C’est surtout vrai pour les femmes d’âge moyen. Pourquoi cela, demanderez-​vous sans doute ?

Il y a 500 ans, l’île de Cheju servait de lieu d’exil pour les dissidents et les intellectuels indésirables de Corée. Ces hommes étaient des érudits qui n’avaient jamais travaillé de leurs mains et, comme nobles, ils se refusaient à toute tâche servile. On envoyait donc avec eux des femmes esclaves. Depuis ce temps, les femmes ont travaillé à l’extérieur tandis que les hommes restaient à la maison et prenaient soin des enfants. Comme les femmes de Cheju travaillent toujours dehors, on les voit beaucoup, si bien qu’elles semblent plus nombreuses qu’elles ne le sont en réalité. En outre, des centaines d’hommes ont été massacrés le 3 avril 1948. Beaucoup d’entre eux avaient pris parti pour la Corée du Nord communiste quand, le 15 août 1945, la Corée fut divisée en deux États par les forces américaines et russes. Plus tard, les communistes de Cheju ont combattu contre la police nationale de la Corée du Sud et beaucoup ont perdu la vie, ce qui a réduit la population masculine du pays.

Des plongeuses de renommée mondiale

L’île de Cheju est connue pour ses plongeuses ou “femmes de la mer”, comme on les appelle ici. Ces femmes font vivre leur famille en plongeant dans l’océan pour y trouver divers objets de vente courante : ormeaux, éponges, peignes, limaces de mer et algues. Parfois, elles rapportent même des calmars ou de petites pieuvres. Les jeunes plongeuses commencent leur formation à l’âge de quinze ans et deviennent pleinement qualifiées après environ dix ans. Bien qu’elles descendent à des profondeurs de douze mètres, elles n’emploient qu’une petite paire de lunettes protectrices. Elles n’ont aucune autre aide artificielle.

Ces femmes restent dans l’eau jusqu’à trois minutes, au cours desquelles elles déploient une activité intense. En outre, elles ont l’étonnante faculté de continuer à travailler par le temps le plus froid. Il n’est pas rare de voir des touristes visitant en hiver l’extrémité nord et exposée de l’île prendre des photos de plongeuses alors qu’il neige.

L’ancien et le nouveau

Si quelqu’un visite Cheju entre le 21 janvier et le 4 février, il aura immédiatement l’impression que tout le monde est occupé à déménager ou à réparer sa maison. Cette impression est en partie exacte. Ces intrépides insulaires croient en quantité de “dieux” et d’esprits, et ils prennent toujours grand soin de ne déplaire à aucun d’eux. Ils s’imaginent que ces divinités se reposent entre le 21 janvier et le 4 février ; les habitants sont donc libres alors de déménager, de faire des réparations et des transformations sans offenser un “dieu résident”. Cette coutume est en train de disparaître rapidement dans les villes, mais elle subsiste encore dans la plupart des villages.

Quelle langue parle-​t-​on à Cheju ? Les habitants parlent le coréen, mais ils emploient des mots et des phrases qui n’ont rien à voir avec le coréen moderne. D’où viennent-​ils alors ? De la langue parlée à la cour de Corée il y a 500 ans. Les ancêtres des habitants actuels sont venus ici quand la Corée employait encore l’alphabet de vingt-huit lettres. Maintenant, sur le continent, on emploie un alphabet de vingt-quatre lettres ; quatre sons ont donc été perdus. Mais ils sont restés en usage à Cheju. Ils donnent au parler des insulaires un son caractéristique qui est vraiment unique et le rendent plus riche que le coréen du continent.

Un petit tour dans un village typique comme Sogwipo, sur la côte sud, nous permet de mieux connaître le mode de vie de l’île. Comme nous nous trouvons au centre du village, face à l’ouest, nous voyons des rues propres et larges avec quelques voitures et de nombreuses marchandes ambulantes. Des cafés proprets bordent les rues, chacun pouvant accueillir environ dix personnes. La nourriture est épicée et délicieuse. Les insulaires estiment que si les aliments ne vous font pas monter les larmes aux yeux, c’est qu’ils manquent de piment !

Nous avançons plus loin et nous passons près d’un puits, ce qui nous rappelle qu’ici ce sont les femmes qui portent l’eau, de même qu’elles font la plupart des travaux pénibles. Les femmes se rassemblent autour des puits, où elles remplissent d’eau leur récipient de terre. Elles l’attachent ensuite sur leur dos à l’aide de courroies et l’emportent ainsi chez elles.

Nous remarquons que les maisons ont une curieuse particularité. Les murs et les fondations sont en pierre, et le toit, en chaume, est fait de paille de riz. Comme le vent souffle fort, le toit pourrait s’envoler. Aussi recouvre-​t-​on la maison d’un grand filet de corde semblable à un filet de pêche. Le filet est fixé au sol ou bien attaché à de grosses pierres qui pendent tout autour de la maison. Cela donne un aspect bien particulier à l’île et atteste de la violence du vent.

L’influence du vingtième siècle atteint progressivement Cheju, surtout sous la forme de nombreux touristes. Aussi observe-​t-​on quantité de changements dans le paysage et les coutumes. Dans la capitale, la ville de Cheju, on commence à voir de petites maisons modernes là où naguère il n’y avait que des huttes au toit de chaume. Chaque année, des milliers d’étrangers font un séjour dans l’île ; ils aiment l’atmosphère détendue qui y règne et l’amabilité de ses habitants. Mais on assiste encore à d’autres changements.

Changements dans le mode de vie

Nombre d’habitants de Cheju opèrent un grand changement dans leur vie quand ils apprennent à connaître la Bible et l’espérance qu’elle donne pour l’avenir. Par exemple, notre hôte coréen nous a présentés à un homme d’environ cinquante-cinq ans, très digne et aimable. Il était correctement habillé et dans tout ce qu’il faisait il se comportait en homme bien élevé. “Cependant, dit notre hôte, il n’a pas toujours été ainsi. À un moment donné, c’était un grand buveur et l’homme le plus paresseux de l’île.” “C’est vrai, ajouta un autre insulaire. Il avait l’habitude de venir dans mon café et il buvait du vin de riz jusqu’à ce qu’il soit incapable de marcher. Bien des nuits il a dormi sur le trottoir devant mon établissement, là où il tombait après qu’on l’avait aidé à sortir.” Sa femme devait travailler pour l’entretenir, lui et son vice, et il passait son temps à faire la noce et à se remettre. Un jour, cependant, il est entré en relation avec les témoins de Jéhovah par l’intermédiaire de La Tour de Garde et de Réveillez-vous !, et il a commencé à étudier la Bible. Il a opéré d’énormes changements dans son existence. Il a conformé sa vie aux principes bibliques et pris en main les intérêts spirituels de sa famille, de même qu’il s’est occupé de ses besoins matériels. Il passe aussi 150 heures par mois à enseigner aux autres la merveilleuse espérance pour l’avenir qu’offre la Bible, la Parole de Dieu.

Après bien des hésitations, notre hôte raconta également comment lui-​même est devenu témoin de Jéhovah. Se frottant les pieds et souriant timidement tandis qu’il rassemblait ses souvenirs, il commença : “J’ai appris à connaître la Bible parce que j’étais un homme typique de Cheju.” “Que voulez-​vous dire ?”, avons-​nous demandé. “Eh bien, ma femme faisait vivre ma famille. Elle travaillait toute la journée dehors, alors que moi, je restais à la maison pour m’occuper des gosses. Un jour, puisque j’étais tout le temps à la maison, j’ai reçu les témoins de Jéhovah. Ils m’ont offert d’étudier la Bible avec moi et ma famille, et comme je n’avais vraiment rien à faire, j’ai accepté. Alors j’ai commencé à comprendre que ce que les témoins enseignent est logique et vrai, et provient directement de la Bible. J’ai donc étudié sérieusement et j’ai fait des progrès. J’ai appris que je devais entretenir ma femme au lieu de me laisser entretenir par elle. Progressivement, avec l’aide des vérités de la Bible, j’ai changé mon mode de vie. À présent, ma femme s’occupe des enfants, et moi je gagne ma vie en cultivant des agrumes. En outre, j’enseigne la Bible à mes semblables, leur apprenant à connaître Dieu et son dessein de faire de la terre un beau paradis.”

Nous n’avons passé qu’une semaine sur cette belle île, mais ces insulaires aimables, honnêtes et francs ont touché notre cœur et fait sur nous une impression durable. Ici les pierres, le vent et les femmes sont en abondance, mais il en va de même des gens au cœur bien disposé qui s’efforcent de plaire à Dieu.

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